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Gaya Tameron: Le dernier chaman - Page 2 Empty Re: Gaya Tameron: Le dernier chaman

le Jeu 19 Mar 2015 - 19:03
:happyy:   C'est gentil ça

Si tu es éditée, je veux être nommé premier conseiller LOL

Mais tu sais c'est pas si irréalisable que ça, faudrait que je retrouve le nom du site ( enfin peut-être que tu connais déjà ) mais j'ai vu un site où tu postes ton bouquin, et si il plaît , ils t'éditent *-*

D'ailleurs pure curiosité, combien de temps ça te prends pour imaginer et écrire un chapitre ?
GAYA TAMERON
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Gaya Tameron: Le dernier chaman - Page 2 Empty Re: Gaya Tameron: Le dernier chaman

le Jeu 19 Mar 2015 - 20:51
C’est vrai !? C’est quoi le nom de ce site ? Pour l’instant, je suis sur lulu.com, une plateforme d’autoedition mais c’est pas super pour se faire connaître. J’ai envoyé mon manuscrit à quelques éditeurs mais ils ont du mal à donner leur chance à de nouveaux auteurs, par définition inconnus, autrement dit investissement risqué! Quand on voit parfois ce qui est édité (un peu toujours sur les thèmes qui font vendre), ça m'énerve!
C’est pour ça que ta gentillesse et ton soutien sont aussi précieux à mes yeux! C’est super pour le moral!
Et pour répondre à ta question: les idées proviennent uniquement de mes rêves, et ensuite je les couche sur papier. Mais pour écrire tout un chapitre, je dirais que je mets environ une semaine ou deux, selon la taille du chapitre.
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Gaya Tameron: Le dernier chaman - Page 2 Empty Re: Gaya Tameron: Le dernier chaman

le Jeu 19 Mar 2015 - 22:23
C'est vrai que c'est frustrant parce que tu galères, juste parce que tu traites dans un sujet différent là où les autres font du vu et revu et peuvent se faire éditer plus facilement...

Au moins tu auras le mérite d'avoir choisi un thème qui te plaît et pas un thème vendeur.

Deux semaines, c'est un travail de longue haleine tout ça.

P.S: je t'ai envoyé un mp pour le site dont je te parlais plus haut
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le Jeu 19 Mar 2015 - 23:07
En fait les deux semaines, c’est surtout parce que j'écris plusieurs histoires en même temps. C’est pas bien il paraît, mais c’est plus fort que moi, j’ai l'imagination galopante et mes idées s'enchaînent. Alors j'écris le soir, le matin, devant la télé, en écoutant de la musique ou en faisant la vaisselle (ouais je te jure!!!). En fait, pour moi l'écriture ce n’est ni un loisir, ni une passion c’est mon mode de vie! Je crois bien que je suis accro! C’est grave docteur?
Et merci pour le mp. C’est trop gentil!
Tant que j'y pense, je suis en train de faire les corrections du troisième chapitre, j'espère pouvoir les poster prochainement!
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le Sam 21 Mar 2015 - 17:27
Comme promis, j'ai fait la correction du chapitre 3 en tenant compte des suggestions de Aoki! Bonne lecture et au plaisir de découvrir vos remarques ou idées!
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le Lun 6 Avr 2015 - 21:21
J'ai encore retravaillé les trois précédents chapitres. J'espère qu'ils n'en deviennent que plus agréables à lire.
Je vous propose de découvrir le quatrième chapitre. En espérant qu'il plaira à tous ceux qui voudront bien le lire!

                                                   Chapitre 4: Les Tests


Shon avança tant bien que mal pour se rapprocher de la Grande Prêtresse. Luttant contre l’apesanteur, il parvint finalement à effleurer sa main. Et, en un clin d’œil, tous deux s’éclipsèrent.
Il l’entendait réciter des phrases incompréhensibles et se laissait emporter au loin. Il ne sentait plus son corps, sauf sa tête, qui le faisait souffrir atrocement.
Pour son malheur, le voyage semblait ne pas avoir de fin. Il ne voyait que ce rouleau de brouillard bleuté, au sein duquel ils évoluaient et qui menaçait, à chaque instant, de s’abattre sur eux. Tel un tsunami, il allait les écraser. Une frayeur lancinante s’empara de tout son être. Mais il y avait plus inquiétant encore. Le jeune garçon percevait, de temps en temps, des bruits étranges qui le glaçaient d’effroi. Des hurlements, des cliquetis et des crépitements résonnaient autour d’eux, à chaque fois que le rouleau ralentissait ou accélérait. C’était comme s’ils entraient en collision avec ce qui les entourait. Objets, êtres vivants ou non, il ignorait leur nature. Parfois, le choc était si violent qu’il ne sentait plus la main à laquelle il s’accrochait. Heureusement, Tora le rattrapait, à chaque fois. Cela dura une vingtaines de minutes et Shon commençait à trouver le temps long. Ce périple avait le mauvais goût de s’éterniser et sa tête qui menaçait d’exploser d’une minute à l’autre ! Miraculeusement, le rouleau de brouillard s’éclaircit brutalement. C’était comme s’il avait senti le calvaire qu’il lui infligeait. La lumière du soleil réchauffa son visage et ses pieds se posèrent sur un sol.
Etourdi par le trajet, la lumière qui commençait à l’éblouir, ne l’étonnait guère. Il recevait trop de données pour son cerveau humain et rien n’avait de sens. Il réagissait comme un automate. Incapable même de voir que le sol qu’il foulait n’était en rien ordinaire. En surface, la brume qui le tapissait voilait ses pieds. Et à chacun de ses pas, il rebondissait comme sur un trampoline. Même les murs étaient étranges : ils semblaient n’avoir aucune consistance. Ils étaient flous, lointains, presque irréels. Mais Shon se sentait vidé, incapable du moindre raisonnement.

Pendant ce temps, ses parents, restés seuls, flottaient toujours dans l’espace infini. Ils avaient entamé une longue descente depuis le départ de Tora et Shon. Et ils attendaient patiemment d’apercevoir un sol qui devrait bien se montrer un jour. Même si Elaï était blottie dans les bras de son mari, elle n’avait pas peur, se sentait même sereine, étrangement. Enfin, ils finirent par atterrir. Ils se trouvaient toujours dans la petite maison, qui devait devenir la leur. Sur la table que Tora avait fait apparaître, Bassou aperçut une lettre. Il reconnu une Visapost. Il s’approcha, l’effleura d’une main puis recula. L’enveloppe se souleva, flottant au-dessus du meuble. Elle émit un halo de lumière et se décacheta, comme animée d’une volonté propre. Le visage de la Grande Prêtresse apparut. Il flottait, en l’air, à leur hauteur. Elaï ne put réprimer un cri de surprise. Mais l’ancien chaman lui sourit et lui dit :
-Tu as devant toi ce que nous appelons une « Visapost ». Il s’agit d’un genre de lettre. D’ordinaire, elle est strictement réservée aux chamans et aux guérisseuses. C’est un moyen de communication bien pratique et surtout très rapide. En outre, elle ne se lit pas, elle s’écoute. Pour nous, elle devrait être invisible, mais Tora a dû lui jeter un sort d’apparition.
Malgré l’étrangeté du phénomène, sa femme se rasséréna. Elle avait confiance en son mari, plus qu’en quiconque. S’il lui disait qu’elle n’avait rien à craindre, elle le croyait. Et même s’il se trompait, elle savait qu’à ses côtés, rien de fâcheux ne pouvait lui arriver. Ils étaient ensemble depuis si longtemps ! Pourtant, pour la première fois, il l’emportait loin du monde qu’elle connaissait ; loin de sa routine chérie, de son cocon familial, et de tout ce qui était normal. C’était un nouveau monde qui s’ouvrait à elle, où l’inconnu et les mystères devaient régner en maîtres. Mettant fin à ses réflexions, l’Esprit s’adressa à eux :
- Ecoutez-moi bien tous les deux. J’ai des révélations à vous faire. Elaï, comme je te l’ai dit tout à l’heure, tu es une guérisseuse et en tant que telle, tu devras veiller sur un chaman. Réjouis-toi, car ce sera ton propre fils. De cette manière, tu pourras le protéger et le conseiller avec l’aide de ton époux. Je vais avoir besoin de vous deux pour une mission capitale. La situation actuelle est très grave et votre résidence est au cœur du problème. En fait, le Mal suprême s’en sert comme d’une passerelle entre le monde des vivants et celui des morts. Il a d’ailleurs l’intention d’y faire passer tous les Esprits à sa solde, au cours de la nuit d’Halloween. Et ce ne sera pas pour une visite de courtoisie, vous pouvez me croire ! S’il parvient à ses fins, l’équilibre entre les deux mondes, Affantésis et Thanatosis, sera rompu à tout jamais. Et cela aurait des conséquences désastreuses ! Jusqu’à présent, ils ont coexisté comme les deux faces d’un même miroir : tout événement dans l’un a des répercussions dans l’autre mais ils ne sont pas faits pour être raccordés en permanence. Nous avons même créé une loi qui l’interdit formellement, à cause de quelques exemples malheureux, qui font parti de l’histoire. En effet, nous avons pu constater que les rêves de conquête étaient dangereux pour le bien commun. Les morts veulent retrouver leur vie perdue, tandis que les vivants souhaitent récupérer leurs morts. Si l’équilibre était rompu, les deux mondes disparaîtraient. Ils sont comme le yin et le yang, le Bien et le Mal ; ils ont beau être antinomiques, ils n’en sont pas moins indissociables. Je vais avoir besoin de vous pour épauler votre fils. Votre mission à tous les trois sera de sauver le monde, ou plutôt les deux mondes. Les tests que Shon doit passer ne sont qu’une simple formalité, selon moi ; même si j’ai préféré le taire en sa présence. Mais, à mon avis, il est plus qu’évident qu’il est bien mon digne successeur. Je dois cependant respecter la procédure. A cause de son jeune âge et de son inexpérience, il aura besoin de vous deux : toi, Bassou, tu seras son mentor, son conseiller. Et toi, Elaï, tu seras une guérisseuse parfaite pour ton fils. En temps normal, vous ne devriez pas être seuls, mais un être diabolique a tué tous mes chamans et toutes mes guérisseuses. Vous êtes le dernier espoir, le dernier rempart contre la menace qui pèse sur nous tous, mais fort heureusement, vous avez la puissance nécessaire pour faire face à l’ennemi qui nous menace. Il semble l’ignorer et c’est tant mieux ; vous n’êtes pas mon denier recours, faute de mieux, mais plutôt mes cartes maîtresses, mes trois armes secrètes. Encore une dernière chose avant de vous laisser : notre ennemi est extrêmement dangereux. Chaque fois qu’il tue, il gagne un soldat supplémentaire et il absorbe son énergie ; il devient ainsi plus fort. Il a aussi le pouvoir de se dédoubler à l’infini ; il devient alors capable de prendre possession de n’importe quelle enveloppe physique afin de commettre ses méfaits. En effet, pour rentrer dans Affantésis, il faut être un humain, ou utiliser un Pastige, ou bien encore habiter une enveloppe charnelle. Et c’est ce dernier procédé qu’il a utilisé pour tous les exterminer. Je suis à présent sans armée pour agir contre lui, et il le sait. Il ne me reste plus que vous trois. Sachez une chose, malgré tous ses pouvoirs, il a un point faible : il a besoin de corps. Or, ils ont une durée de vie très restreinte, une fois l’âme retirée, et le rituel qui permet de s’en emparer est des plus complexes. Il n’est pas à la portée de n’importe quel Esprit…Mais je ne vous en dis pas plus. Je dois vous laisser. A plus tard !
Sitôt son message terminé, son visage devint flou jusqu’à disparaître complètement.
Il était temps, à présent, pour elle d’entamer la série de tests auxquels Shon devait se soumettre. Et même si elle était convaincue qu’il était né pour être un chaman, il n’aurait le droit d’utiliser ses pouvoirs qu’après avoir été contrôlé.
- Mon garçon, lui dit-elle, concentre-toi bien ; reproduis exactement chacun de mes gestes et répètes chacun des mots que je dirais. Tu verras, tout se passera bien. Nous allons vérifier ensemble ce dont tu es vraiment capable. Oublie tout ce que tu sais ou crois savoir à propos de la magie. Oublie aussi toutes les entraves du monde des humains. Tu vas pouvoir manipuler les différents éléments. Mais pour y parvenir, un novice tel que toi, doit d’abord avoir foi en ses capacités. Les tests que tu t’apprêtes à passer sont une sorte de marathon ; tu n’auras qu’une minute de repos entre chaque épreuve. Je sais, c’est très court, mais c’est ainsi. Commençons par quelque chose de simple : la lévitation.
Tora claqua à deux reprises des doigts et sa belle robe se transforma en kimono de satin blanc. Puis, elle s’assit, jambes croisées, ferma les yeux et scanda à voix haute : « arru balto voli ». Elle quitta le sol aussitôt et s’arrêta à environ quatre mètres au-dessus de la tête de son disciple.
-Mets-toi dans la même position que moi. Voilà. Maintenant, ferme les yeux. Et répète avec moi : «arru», «balto», «voli». Allez, concentre-toi et visualise ce que tu veux faire.
Shon s’exécuta, s’efforçant de respecter scrupuleusement les consignes de Tora. Il essaya de ne plus penser qu’à une seule chose : il voulait léviter, comme elle. Il répéta les trois mots encore et encore ; en vain.
Tora se rendit compte qu’il avait beau faire de son mieux, quelque chose lui manquait pour réussir. Mais rapidement, elle réalisa qu’il y avait une solution très simple à ce problème. Elle lui sourit, avec une lueur dans le regard que Shon trouva étrange ; et elle prononça à nouveau des mots dépourvus de sens. Puis, elle leva la tête, fixa un moment la lumière du soleil et ses yeux devinrent plus sombres que la nuit. Elle ferma les paupières et les rouvrit presque aussitôt afin de libérer deux sphères noirâtres. Elles fusionnèrent pour former un gigantesque globe noir. Il se mit à tournoyer sur lui-même, tout en avançant vers le jeune garçon.
Qu’allait-il lui arriver ? Et que pouvait-il faire pour lui échapper ?
Néanmoins, il n’eut pas le temps de trouver une réponse. Les deux sphères s’étaient seulement croisées, en vérité, et la seconde s’était fixée en hauteur. De la cavité qu’elle avait formée, il vit avec horreur sa mère tomber, hurlant de terreur. Si elle touchait le sol, elle en mourrait ; il en était sûr. Shon était affolé, apeuré, désemparé, et en colère aussi. Une colère sourde qui grandissait et qui ne tarderait pas à le submerger. Il était furieux que Tora ose mettre en péril la vie de sa mère. Il ne comprenait pas ses motivations.
Il lança un regard plein de haine dans sa direction et prononça les trois mots magiques. Il ne voulait qu’une seule chose : sauver sa mère. En quelques secondes, il observa le sol qui s’éloignait de lui puis finit par comprendre que c’était le contraire. Il avait réussi à décoller ! Il s’élança et parvint in extremis à l’attraper. Du même coup, ils échappèrent aussi à l’astre noir qui les menaçait. Afin d’en venir à bout, un champ magnétique, émanant du regard de Shon, l’emprisonna et réduisit sa taille jusqu’à ce qu’il devienne microscopique.
Ensuite, son attention se porta sur Tora. Elle s’en était prise à sa mère, elle devait donc être punie. Une barrière électrique vint l’encercler, si rapidement qu’elle ne put s’y soustraire. Puis elle fut projetée contre une des parois, dans une explosion assourdissante. Aveuglé par sa colère, Shon n’avait rien prémédité. Il était stupéfait de voir ce qu’il avait fait. Et il ne comprenait pas comment de telles choses étaient possibles. Rien ne l’avait préparé à une situation pareille. Mais il était encore bien loin d’avoir tout vu. La preuve ? Ce qu’il avait dans les bras. Il s’agissait d’un hologramme incarné ; ce que les chamans nomment un « Pastige ». Pourtant, il n’était pas encore en mesure de s’en rendre compte. Après quelques minutes, sans avoir bougé d’un pouce, il fondit en larmes, à bout de nerfs. Il était submergé par ses émotions ; et épuisé, aussi. Comme s’il venait de piquer un sprint. Quant à Tora, elle était en train de se relever. Elle n’en revenait pas. Shon avait une puissance phénoménale ! Néanmoins, il devrait s’endurcir pour être capable de contrôler ses pouvoirs.
-Shon, cesse de pleurer. Secoue-toi un peu. Tu ne mérites pas d’être un chaman. Qu’est-ce qu’il te prend ? Observe plutôt ce que tu tiens contre toi ! Non, il ne s’agit pas de ta mère ! Je n’aurai jamais pris le risque de la blesser ! lui dit-elle d’un ton sévère.
Elle voulait qu’il se ressaisisse au plus vite. S’il ne parvenait pas dès maintenant à réprimer ses émotions, ses ennemis en profiteraient pour le manipuler et le mener à sa perte. C’était un jeu que les Esprits malfaisants affectionnaient tout particulièrement. Ils s’enorgueillissaient d’être sans affects et sans attaches. Ils étaient donc les plus forts ; et tous ceux qui se laissaient guider par leurs sentiments étaient des proies faciles.
Tora se disait, tout en l’observant, que ce garçon de treize ans était sans doute le dernier espoir de l’humanité. Ce qui était une bonne et une mauvaise chose à la fois. Elle ne pouvait pas s’empêcher d’être inquiète à son sujet :
Serait- il à la hauteur ?
Etait- il possible qu’il échoue ?
Et dans ce cas qu’adviendrait-il ? …
Shon, quant à lui, se remettait à peine de ses émotions. Il lâcha le Pastige qui s’évapora instantanément.
Tora plongea son regard dans le sien et lui sourit.
-Tu as une sacrée force, mon petit, quand tu es en colère ! Il va falloir que tu apprennes à te maîtriser. C’est primordial ! Tu ne peux pas te permettre avec de tels pouvoirs d’en user sans aucun contrôle ! Quoiqu’il en soit, tu es bien celui que j’attendais. La puissance qui est en toi depuis ta naissance guettait le bon moment pour être révélée. Mais poursuivons quand même. Je dois pouvoir étudier tes aptitudes dans les autres arts. Commençons par ceci.
Elle s’assit, à nouveau, les jambes croisées et fit apparaître une bulle autour d’eux. Elle éviterait ainsi les éventuels soucis en limitant son jeune élève. Pour sa première fois, il était préférable qu’il ne s’éloigne pas trop de son corps, une fois qu’il s’en serait libéré.
- Nous nous apprêtons à quitter nos enveloppes charnelles. Cela permet en temps normal de prendre possession d’un animal ou même d’un objet, pourquoi pas. Pour l’instant, je veux simplement vérifier que tu en es capable. Le contrôle d’un corps étranger, ce sera pour plus tard. Mets-toi dans la même position que moi et ferme les yeux. Fais le vide en toi, ne pense plus à rien. Ensuite, concentre toute ton énergie sur ton but : séparer le spirituel du physique. Allez, vas-y !
Il obéit. Y mettant tout son cœur. Se disant que, cette fois, il devait réussir du premier coup. En même temps, échec ou réussite, peu importait, il apprenait ; et il s’imaginait de plus en plus dans la peau d’un chaman.
- Maintenant, répète avec moi : « aero kappé ».
Et Shon regarda son corps s’éloigner de lui. Bien sûr, c’était lui qui s’en éloignait mais il le vivait différemment. Inconscient de son nouvel état, il ne pouvait détacher son regard de cet amas de chair qui venait de s’effondrer. Il avait l’impression d’observer une marionnette abandonnée. Inerte, sans vie, ce n’était plus qu’une masse d’atomes qui gisait là-bas, peut-être pour toujours. Et lui, qu’était-il, à présent ? Il ne se voyait plus ; il était transparent. Il avait l’impression d’être un fantôme ; il ne contrôlait plus rien. Ses mouvements étaient inexistant ou presque. Il était en train de flotter dans les airs. Il vit Tora à quelques mètres de lui et tenta de s’approcher d’elle, sans y parvenir. Il commença à sentir une angoisse grandir en lui : réussirait-il à regagner son statut d’humain ?
En tout cas, sa préceptrice n’avait pas l’air pressé de lui en expliquer la méthode.
Quelques minutes s’écoulèrent, qui lui semblèrent une éternité. Puis elle vint vers lui. Avait-elle deviné ses craintes, en fin de compte ? Elle lui prit la main et ils descendirent ensemble, graduellement. Lorsqu’ils touchèrent le sol, la bulle disparut et Shon constata qu’ils étaient à nouveau incarnés. Le Pastige pour elle et le corps mortel pour lui. Pourtant, quelque chose avait changé : malgré ses tentatives, impossible de bouger le moindre de ses membres !
Tora le remarqua. Elle savait ce qu’elle devait faire. Psalmodiant à voix basse, elle apposa ses mains sur son torse, puis sur ses tempes, ses bras et enfin ses jambes. Il sentait la chaleur, presque une brûlure qui se dégageait d’elle et qu’elle lui transmettait. Il n’avait jamais connu une pareille sensation ; c’était déconcertant. Elle avait pris le contrôle de son corps, qui s’était mis à trembler, pour le reconditionner et éviter ainsi toute forme de rejet. En effet, celui-ci était plongé dans un profond coma. Elle devait simplement l’en faire sortir. Les soins prirent une dizaine de minutes, durant lesquelles il eut la sensation de faire un somme. Finalement, il redevint calme, serein même. Il se releva et observa la Grande Prêtresse avec attention. Il était fasciné par l’étendue de ses pouvoirs, mais elle était aussi très belle. Il n’avait jamais vu une femme pareille ! Il était ébloui ! Puis, il se souvint qu’elle était morte et que l’image qu’elle projetait – un Pastige qu’elle modifiait à loisir –, était fictive.
Le tirant de sa rêverie, elle lui fit signe de la suivre ; d’autres épreuves l’attendaient.
Ils avancèrent droit devant eux et une jungle leur ouvrit les bras. Ils y pénétrèrent. Une panthère musculeuse, surgissant de nulle part, vint à leur rencontre. Elle s’arrêta devant Tora, ignorant celui qui la suivait. Toutes deux se fixèrent intensément, durant quelques minutes, ne laissant échapper aucun son, pas même un grognement. L’animal s’inclina en signe de respect et la dépassa. Il vint ensuite se planter devant Shon, qui avait reculé de quelques mètres, pas vraiment rassuré de voir un félin de si près. Celui-ci l’observait avec curiosité. Aucune agressivité ne se lisait dans son regard ; il n’y avait pas de crainte à avoir. Ce qui venait de se passer était extraordinaire : cet animal avait communiqué avec un membre d’une autre espèce ! Même s’il s’agissait de la Grande Unificatrice, pour lui, c’était inédit !
Jamais il n’avait eu d’animaux de compagnie ; ses parents étaient contre. Néanmoins, il avait déjà pu observer ses camarades de classe avec leur chien ou leur chat. Leur complicité était telle qu’il avait eu le sentiment qu’ils ne leur manquaient que la parole ! Souvent ils les avaient enviés d’avoir un tel ami, pour tout partager. Etre fils unique lui pesait quelque fois !
Le cœur battant, le jeune garçon tendit la main pour toucher l’animal. Celui-ci s’y opposerait-il ? A sa grande surprise, et non sans jeter un coup d’œil en direction de son professeur, Keoni, c’était son nom, approcha sa tête pour être caressé. Shon s’empressa d’accéder à sa demande. Sa fourrure était douce et épaisse, comme une peluche. Mais la panthère était en vie et bientôt elle en voulut davantage. Elle posa ses deux pattes sur les frêles épaules adolescentes, et de tout son poids le fit basculer doucement vers l’arrière. L’aspirant-chaman se retrouva étendu, dans la jungle, avec le félin sur lui, en train de le débarbouiller. Il éclata de rire, heureux. Il n’arrivait pas à croire ce qui lui arrivait. Il faisait un câlin à un animal sauvage, comme s’il s’était agi d’un chaton ou d’un chiot.
Tora mit fin à tout cela d’un raclement de la gorge. Aussitôt, Keoni se redressa et s’assit devant lui. Tandis que Shon se relevait, époussetant ses vêtements. Face à face, ils s’observaient mutuellement. Mal à l’aise, Shon eut le sentiment que l’animal cherchait à lire au plus profond de lui. Mais, en fait, celui-ci voulait autre chose. Il comprit ce que c’était lorsqu’il vit le médaillon luire intensément et une sensation bizarre l’envahir. La panthère venait, en quelque sorte, d’activer son médaillon. Ce qui, en principe, devait lui permettre de la comprendre, tout comme Tora. Il ne se trompait pas ; il l’entendait clairement dans sa tête, à présent. Il lui disait qu’il était heureux de faire sa connaissance, qu’ils étaient amis, et qu’il espérait le revoir pour jouer. Sans avoir besoin de réfléchir, Shon lui répondit, de la même manière. L’absence de mots impliquait une honnêteté parfaite dans les dialogues.
Tora le salua d’un signe de la tête et il fit de même. Keoni sembla satisfait et s’en retourna au cœur de la jungle. Celle-ci disparut avec lui.
Sans aucun temps mort, la Grande Prêtresse le prit par les épaules et l’entraîna un peu plus loin. Ils entrèrent dans un dôme entièrement vitré. Il s’agissait encore d’une épreuve, il en était certain. Elle lui expliqua que la vie était possible grâce aux Esprits ; qu’il en existait différentes sortes. Des classes avec des aptitudes et des faiblesses. Mais toutes utiles. Parmi elles, il y avait les Miséreux, et un spécimen s’exhiba devant lui. Puis, vint un Capteur. Shon les examinait avec beaucoup d’attention. A chaque fois, elle lui demandait s’il les voyait et il attestait en toute bonne foi que c’était bien le cas. Ensuite, elle lui demandait de les décrire et il se pliait docilement à l’exercice. Il y avait celui qui avait l’air d’une âme en peine et qui hurlait si fort : le Miséreux. Celui qui était en feu, était un Capteur mais Tora lui précisa que ces Esprits-éléments appartenaient à des sous-classes : le feu, la terre, l’eau et l’électricité. Et ils poursuivirent avec le Monolithe et le Polythos. Mais tout bascula lorsque ce fut le tour du Vengeur. Au lieu de disparaître, comme les autres, une fois les explications de Tora achevées, il s’avança vers eux. Ses prunelles transperçaient la matière et glaçait d’effroi tous ceux qui le croisaient. Shon ne pouvait détacher son regard de ces yeux qui l’épouvantaient. Il était absorbé à tel point qu’il ne remarqua pas, dans un premier temps, que la Grande Prêtresse, ainsi que le dôme qui les abritaient, avaient disparu. Il avait été transporté ailleurs par la créature qui se tenait devant lui, immobile à présent. Il l’avait hypnotisé, du moins c’était tout comme ; accaparant son attention, il avait été facile de l’isoler. Là où le Vengeur l’avait emmené, Shon était devenu une proie facile, sans pouvoir espérer de l’aide. Lorsque son emprise sur le jeune garçon céda, celui-ci étudia consciencieusement les lieux. Tout n’était que noirceur et peur. Il avait l’impression d’être à l’intérieur d’un énorme nuage sombre. Un silence de mort y régnait. Il se sentit piégé, livré à son destin funeste. Sans Tora, il n’avait aucune chance d’en sortir vivant. Et ses parents, que deviendraient-ils ?
L’Esprit maléfique, qui se confondait avec les ténèbres, mit fin au silence :
- Je te salue, misérable morceau de viande. Je me nomme Mavorack le terrible. Tu es à présent en mon pouvoir, à moins de répondre correctement à mon énigme. La voici : Quelle est la seule chose qui ait de l’importance pour tous les Humains ? Alors ?... J’attends ta réponse ! Mais, prends garde, si tu te trompes, tu m’appartiendras pour toujours et ton âme errera à jamais dans le néant !
Shon était anéanti. Où était-il ? Où se trouvait Tora ? Cela faisait-il parti du test ? Et si ce n’était pas le cas, que devait-il faire ? Parviendrait-il à trouver la bonne réponse ?
Soudain, une voix, qui lui était familière, retentit dans sa tête. C’était elle :
- Ecoute ton cœur, mon garçon et la solution sera, pour toi, évidente. N’aie pas peur, je ne suis pas très loin.
« Ecouter son cœur » ? Il l’entendait battre à un rythme fou. Il sentait les veines de son cou et de ses tempes se gonfler sous l’afflux de sang. Il était incapable de réfléchir. Pourtant, il devait réagir. Il n’avait pas envie d’abandonner son corps à un Esprit démoniaque. Mais les minutes passaient et son cerveau restait désespérément vide.
Alors Mavorack s’impatienta :
-Tu me fais perdre mon temps ! J’exige une réponse… Décidément, vous êtes tous les mêmes ! Des couards ! Aurais-tu à ce point peur de te tromper que tu préfères passer le restant de ta petite vie en ma compagnie ? Je suis déçu ! J’aurais espéré davantage de courage, d’inventivité et d’intelligence de la part d’un futur chaman ! Mais, peut-être que je devrais attaquer tes chers parents pour que tu réagisses ! Qu’en penses-tu ?
Le jeune garçon eut envie de hurler. Ce monstre n’avait pas le droit de s’en prendre à ses parents ! Il n’avait plus peur ; il était furieux. Il serra les poings, très fort et ferma les yeux, pour mieux se concentrer. « La chose la plus importante pour tous les humains ? »… Pour lui, c’était ses parents. Il les aimait de tout son cœur… Après tout, c’était peut-être ça la réponse : l’Amour ! Quand il y réfléchissait, à l’échelle planétaire, c’était ce qui donnait un sens à la vie humaine. Peu importait la richesse, la pauvreté, la maladie, quand on avait à ses côtés celui ou celle qui comptait ! Oui, ça devait être ça ! Il ne pouvait pas se tromper, il en était sûr ! Le visage de ses parents s’imposa à lui ; ils lui souriaient. Sa fureur s’amplifia du même coup ; il ferait tout pour les protéger ! Il ne voulait à aucun prix les perdre !
Comme s’il était connecté à sa volonté, le médaillon devint incandescent et Shon put quitter son corps. Il était à nouveau un pur Esprit, sans aucun lien avec le monde physique. Il n’avait plus aucune sensation. Mais il était toujours en mesure de penser et de ressentir des émotions. Sa rage était intacte et tout ce qui restait de lui désirait plus que tout anéantir ledit Mavorack. Encore une fois, il était incapable de se contrôler. Il avait le sentiment d’être devenu une machine à tuer. Et personne ne pourrait l’arrêter ! Son regard se posa sur sa cible et il fit apparaître, en une fraction de seconde, une gigantesque boule de feu. Mesurant près de trois mètres de circonférence, elle brillait comme un soleil. En son centre, un curieux point noir était en train de ronger la sphère flamboyante. Les deux globes superposés l’un sur l’autre gravitaient chacun dans un sens différent. Lorsque le disque obscur eut atteint sa maturité, il donna naissance à une porte étincelante. Il s’agissait d’un passage pour la multitude de Miséreux qui ne tardèrent pas à faire leur entrée. Ils hurlaient, et gémissaient. Tel un banc de poissons, ils se dirigèrent tous vers le Vengeur. Celui-ci, trop sûr de lui, s’était révélé ; ectoplasme gris argenté, il était une cible parfaite. Les Jeunemorts était une horde de spectres désordonnés, qui allait et venait dans un bruit assourdissant jusqu’au cœur même du démon. Il avait beau résister en essayant de s’infiltrer à l’intérieur de l’organisme humain laissé vaquant, sa défaite ne faisait aucun doute. Tour à tour, l’Esprit diabolique apparaissait et disparaissait. Il savait que sa fin était proche. Ensemble, les Esprits novices, luisants et déterminés, se ruèrent sur la pauvre dépouille. Ils y pénétrèrent tous en même temps ; et ce fut l’overdose. Une implosion assourdissante mit fin à l’assaut.
«Mavorack le terrible» n’était plus ! Shon réintégra son corps. Quelques mèches bleues étaient apparues sur sa tête blonde ! Dès que la lumière fut dissipée, l’intégralité de l’armée spirituelle disparut ; sauf un.
Il s’approcha de Shon, avec la grâce d’un dauphin. Sous ses yeux écarquillés, il reprit peu à peu son ancienne apparence. D’abord, un amas d’os ambulants, puis il revêtit son pelage ; lorsque sa transformation fut achevée, il se planta devant lui. Il se nommait Rickstar. Le chien, type chien de berger, souhaitait demeurer auprès de lui. Il était « parti » loin de sa maîtresse sans avoir eu le temps de lui dire adieu. Et elle ne s’en remettait pas.
- Il faut que tu m’aides à la retrouver et à lui parler ! le supplia-t-il. En échange, tu pourras compter sur moi. J’espère que nous deviendrons rapidement des amis. Si tu acceptes, ouvre ton médaillon et je serai aspiré à l’intérieur, j’en ferai parti.
Shon l’avait écouté attentivement et sans hésiter, il leva la main droite jusqu’à son cou, tâtonnant jusqu’à l’objet doré. Mais il n’eut même pas le temps de l’entrouvrir. Le décor se figea et se transforma comme dans un rêve. Il eut brusquement une envie irrépressible de vomir. Incapable de réfréner le flux épais qui envahissait sa bouche et son nez, il se pencha en avant et n’opposa aucune résistance.


Dernière édition par GAYA TAMERON le Dim 12 Avr 2015 - 16:42, édité 1 fois
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le Sam 11 Avr 2015 - 19:23
Réputation du message : 100% (1 vote)
Dis donc tu étais inspirée pour ce long chapitre ! xD

Gaya a écrit:ils ont beau être antinomiques

Ah bravo, j'ai du demander à Google ce que ça voulait dire venere

Dans l'ensemble j'ai bien aimé ce chapitre, tu as bien détaillé les actions, on a maintenant le " tableau " si je peux dire avec un peu le rôle de tout le monde, d'ailleurs c'est bien d'avoir choisi sa mère en tant que guérisseuse par contre je trouve que tu es allée un peu vite pour les épreuves, elles s'enchaînent très rapidement.

Après un point personnel, plutôt que dire que l'armée de Tora soit décimée, tu ne pourrais pas appuyer sur le fait qu'ils soient issus d'une puissante lignée ou le côté "élu" de Shon ?
Parce que je trouve que ça fait un peu cliché le coup des 3 seuls survivants pour sauver le monde =s

Donc un bon chapitre qui nous fait entrer dans l'action, assez bien détaillé mais peut-être un enchaînement trop rapide des épreuves.

P.S: Tu as jusqu'à la fin du mois pour écrire la suite onion1
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le Sam 11 Avr 2015 - 21:18
Pardon pour le gros mot, j'essaierais de faire plus attention! Very Happy Merci d’avoir lu ce chapitre! J’avais hâte d’avoir ton opinion!
Pour ce qui est du rythme des épreuves, le temps presse, et Shon doit au plus vite pouvoir assurer et assumer son rôle. Ce n’est qu’ un passage obligé et pas le corps de l’histoire! Tu verras par la suite ( ce tome est achevé et je viens de finir le second ), il y a des rebondissements et la vie de Shon est complètement bouleversée!
C’est difficile, tu sais, d'emprunter des chemins originaux, tout ou presque à été fait, c’est pourquoi mon but est tout autre! Si tu connaissais comme moi le reste de l’histoire, tu verrais que rien n’est jamais garanti et même ces trois - là ne sont à l'abri de rien! Mais je vais quand même voir ce que je peux faire! Je m’ en voudrais de ne pas satisfaire un de mes chers lecteurs !
En tout cas merci pour ce message, comme toujours constructif et gentil!
A bientôt!
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le Dim 12 Avr 2015 - 16:47
Je viens de faire quelques corrections sur les 4 chapitres! Et j'ai fait de mon mieux pour tenir de tes remarques, Aoki. J'espère que tu apprécieras!
A bientôt pour la suite des aventures de Shon, le dernier chaman.
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le Sam 9 Mai 2015 - 19:15
Désolé pour l'attente, mais voici le cinquième chapitre. Bonne lecture et n'hésitez pas à me donner votre avis!

Chapitre 5: Imprévus

Lorsque son environnement s’immobilisa, Tora réapparut presque aussitôt et se précipita sur lui. Toujours courbé, il sentit alors une chaleur envahir son crâne, allant crescendo jusqu’à la brûlure la plus vive. Elle avait placé ses deux mains à environ vingt centimètres de sa tête et voilà qu’elles rougeoyaient intensément. Le feu se dispersa à travers son organisme et il se sentit mieux, après quelques minutes de traitement.
Il se redressa et s’essuya la bouche d’un revers de la manche. Il déglutit, puis grimaça. Sa salive avait un goût atroce. Les pizzas se rappelaient à son souvenir d’une étrange manière ! Son estomac se tordit et protesta bruyamment. Il avait faim. Combien d’heures s’étaient écoulées depuis le fameux dîner ?
Ses parents l’accueillirent chaleureusement. Il était enfin revenu dans la petite maison. Soulagé, il se dit que ç’en était fini de ces épreuves, toutes plus étranges les unes que les autres. Sur la table, il aperçut une multitude de plats d’une blancheur d’albâtre, recouverts de nourriture. Il était le seul à ne pas s’être encore nourri. Il avait hâte de pouvoir y goûter. Les odeurs, captivantes, ne faisaient qu’accroître son appétit. Dès que Tora lui eut fait signe de prendre place, Shon s’exécuta, sans se faire prier. A peine assis, à côté de sa mère, une assiette et un verre apparurent devant lui. Et les plats dansèrent une farandole devant lui. Il eut ainsi le loisir de manger tout ce qu’il souhaitait. Il dévora littéralement chacun des mets présents : viandes et poissons, avec leurs accompagnements, fromages, et diligence de desserts. Une fois rassasié, il prit conscience des nombreuses questions qui le préoccupaient :
Mavorack faisait-il parti du test ou s’en était-il vraiment pris à lui ?
Dans quel but l’Esprit-Vengeur l’avait-il emmené loin de Tora ?
Pourquoi celle-ci ne l’avait-elle pas secouru ?
Et Rickstar, où était-il à présent ? Etait-il son nouveau compagnon ou bien avait-il disparu dans le néant ?
Les réponses viendraient sans doute plus tard. Durant sa formation, peut-être.
Il se tordit le cou, pour observer son père en grande discussion avec la Grande Prêtresse. Plusieurs fois, il entendit son prénom mais le reste de leur conversation demeura un mystère pour lui. D’autant que sa mère s’était mise en tête de le distraire.
Elaï ne souhaitait qu’une seule chose : protéger son fils, par tous les moyens. Mais elle redoutait aussi ce qui se disait juste à côté. Elle sentait que le moment était décisif. Ils décidaient de l’avenir de Shon ; sans elle. Et elle n’aimait pas ça !
Pour l’instant, Bassou et Tora ne leur prêtaient aucune attention. Elle avait des choses importantes à lui dire et il l’écoutait attentivement.
Leur fils était bien plus qu’un jeune espoir. Les pouvoirs ? Il les avait déjà. Ce qui lui manquait, par contre, c’était leur maîtrise. Ils se révélaient le plus souvent quand il était en colère et avec une grande violence ! Il découvrirait progressivement leur étendue, mais il devrait trouver par lui-même le moyen de se contrôler. Il était hors de question de laisser un garçon de treize ans détruire tout ce qui l’entoure à la moindre occasion !
Il lui manquait aussi la connaissance des différents rites chamaniques et leur histoire. Il devait comprendre ce dont il avait la charge et pour quelle raison. Selon Tora, c’était essentiel. Son père serait la personne idéale pour l’aider, elle en était sûre.
Il se tourna vers son fils et l’observa. Il avait la très nette impression qu’il le voyait pour la première fois. Ses parents à lui avaient-ils eu le même sentiment lorsqu’il était devenu chaman ? Il se rappelait ne s’être plus jamais senti comme avant ; comme si tout devait lui réussir, et peu importait les épreuves, il serait de taille à les affronter !
L’adolescent, que sa femme serrait obstinément contre elle, n’était plus tout à fait le Shon qu’il avait connu jusqu’alors. Il avait toujours été timide, peu sûr de lui, encore très gamin dans sa tête, mais, à présent, c’était différent. Le nouveau Shon respirait d’une manière presque imperceptible, se fiant à ses sens autant qu’à ses pouvoirs fraîchement acquis, instinctivement. Il était le même et pourtant différent. Son rapport au monde s’en était trouvé modifié. La puissance qui l’irradiait déroutait son père. Jamais auparavant, il n’avait ressenti cela.
Soudain, la vue de Bassou devint floue et il fut pris de vertiges. Que se passait-il ? Sans savoir pourquoi, il était incapable de réfléchir. Quelque chose l’en empêchait ! C’est alors qu’il vit Tora s’avancer d’un pas décidé vers sa femme. Elle se tourna en direction de Shon, lui dit de dire bonne nuit à sa mère, puis se concentra sur celle-ci. Un halo bleuté s’échappa de sa main et vint mourir dans le corps de la jeune femme. Sous le regard affolé de ceux qui l’aimaient, elle suffoqua puis s’effondra, une main posée sur son cœur. Son visage se para d’un voile de frayeur, mêlé de stupeur. Shon se précipita vers elle et tenta de retenir sa chute. Elle glissa à terre, lentement et se recroquevilla à ses pieds.
Submergé par le désespoir, le jeune garçon pleura à chaudes larmes. Il tomba à genoux, à côté d’elle et la prit dans ses bras.
Son monde s’écroulait. Ses forces l’abandonnaient. Il se sentait seul au monde.
Son père observait toujours, comme si rien de tout cela ne le concernait. Il était fasciné par le tempérament de cet enfant, si changeant. Il aurait voulu le rejoindre et le consoler. Il aurait du le rassurer mais il ne pouvait pas. Aucun mot ne parvenait à sortir de sa bouche. Pourtant, il aurait souhaité tout lui expliquer. Que sa mère ne risquait rien ; qu’elle était simplement plongée dans un profond sommeil, le Sotharlis et qu’elle allait ainsi suivre une formation en accéléré. C’était ainsi ! Tout se faisait hors du temps pour en gagner !
Il fut frappé par l’air serein de sa femme… Lorsqu’elle reviendrait à elle, ils seraient à nouveau réunis et ils pourraient soutenir leur fils dans sa nouvelle vie.
Perdu dans ses pensées, c’est Shon qui l’en fit sortir, l’apostrophant :
- Comment peux-tu la laisser faire du mal à Maman ?! Je croyais que tu l’aimais ? Je vous hais tous les deux ! Jamais je ne ferai parti de votre monde ; je refuse. Je ne veux pas devenir comme vous ! Vous n’êtes que des monstres ! Et vous, qu’est-ce qui vous prend ? Pourquoi avez-vous fait ça ? Je veux que vous me la rendiez ! Tout de suite ! Je ne plaisante pas ! Je suis prêt à me battre contre vous, si c’est la seule solution ! Vous ne me faites pas peur ; ramenez-la sinon gare à vous !
Malgré son assurance, la colère et le chagrin troublaient son jugement. Il proférait des menaces, à l’aveugle, sans réfléchir. Et peu lui importaient les conséquences, il devait agir, réagir pour la sauver.
Son père ne prit même pas la peine de lui répondre, l’air hébété. Il se contentait de les observer l’un après l’autre, comme s’ils étaient deux adversaires d’un match de tennis.
Quant à Tora, ignorant son ami, elle ne put dissimuler son irritation :
- Comment oses-tu me menacer ? Tu te figures peut-être que tu es de taille à me tenir tête ou encore à m’affronter ! Sache-le, tu te trompes lourdement ! Tu n’es rien face à moi ! Regarde-toi ! Tu es incapable de contrôler tes émotions ; comment espères-tu y parvenir avec tes pouvoirs ? Tu n’as vraiment aucune chance contre moi ! Allons, sois raisonnable, calme-toi et nous pourrons discuter.
Mais, pour Shon, c’était le mot de trop. Elle s’en était prise à sa mère, son père était sans réaction ; il ne restait que lui pour la sauver et réclamer que justice soit rendue. Seul hic : il ignorait comment procéder. En outre, c’était surtout son impuissance à éviter ce désastre qui lui était insupportable. Le visage inondé de larmes et le cœur envahi par le désespoir et la fureur, il se mit à hurler. De violents tremblements secouèrent aussi son corps ; et il disparut.
Médusé, Bassou découvrait les pouvoirs de son fils. Même si, pour l’instant, ils se réveillaient uniquement au gré de ses émotions les plus fortes, c’était extraordinaire !
Il était effectivement cet être exceptionnel qu’attendait Tora !

De son côté, Shon s’était enfui le plus loin possible. Il voulait simplement pouvoir réfléchir. Et quoiqu’il n’ait pas vraiment souhaité partir, quelque chose avait décidé pour lui et l’emportait. Il ne savait pas jusqu’où il irait mais il s’en moquait. Il avait la sensation d’être accompagné, que quelqu’un veillait sur lui ; et cela le réconfortait. La simple éventualité d’avoir un allié lui donnait à penser que tout serait plus facile, désormais. Etait-ce vrai, était-ce faux ? Pour l’heure, l’essentiel n’était pas là ! Il avait besoin de croire qu’il ne serait pas complètement seul pour secourir sa mère. Il s’en voulait aussi de l’avoir abandonnée. Il avait si peur pour elle ! Et si l’Esprit la torturait à cause de lui et de sa fuite ! Et si elle la blessait ou pire encore… Les images défilaient dans sa tête, comme un film d’horreur ! Il était incapable de les faire cesser ! En même temps, s’il continuait à y penser, il risquait de devenir complètement fou !
Soudain, comme s’il l’avait appelée, la présence amicale se matérialisa devant lui. Il s’agissait de Rickstar. Sans savoir pourquoi, il avait envie de se fier à lui. Il le connaissait à peine et pourtant il sentait qu’il était prêt à l’aider. Ils échangèrent un long regard et l’Esprit-chien devint minuscule. Il vint se poser sur son épaule, comme si c’était là sa vraie place.
Ils observèrent ensemble l’endroit où ils avaient atterri. C’était une grotte, presque ordinaire, vide. Apparemment, elle n’avait jamais abrité d’être humain. Elle était plus sombre que la nuit la plus noire ; il avançait pourtant, droit devant lui. Les parois latérales semblaient être séparées de plusieurs mètres, si bien qu’il pouvait marcher sans rencontrer le moindre obstacle. La noirceur qui l’engloutissait devenait de plus en plus épaisse, comme du coton. Ses pas l’éloignaient de leur point de départ mais devant ou derrière, il n’y avait pas la moindre lueur. A croire qu’il n’y avait ni entrée ni sortie ! Au lieu d’une grotte, c’était plus comme un tunnel sous-terrain dont on aurait condamné les deux extrémités. Le sol était sans aspérité mais formait une très légère descente. A plusieurs reprises, Shon frôla une des parois mais à chaque fois, il était doucement poussé au milieu de la galerie.
Il marcha un long moment, qui lui sembla une éternité, sans pour autant avoir découvert un conduit qui aurait mené à une sortie. Il commençait à s’impatienter. Tout ce noir le faisait devenir claustrophobe. Il voulait de la lumière.
En réponse à son souhait, une multitude de flambeaux apparurent contre les parois, à intervalle régulier. Surpris mais aussi satisfait, Shon jeta un regard à son épaule gauche, à l’endroit précis où se tenait son ami. Il avait l’intime conviction que c’était là son œuvre. Il avait exaucé son vœu, comme s’il était à la fois capable de lire en lui et de canaliser ses pouvoirs. Il lui sourit, en guise de remerciement, et en réponse, reçut un coup de langue baveux sur la joue. Bien que proportionnel à sa taille actuelle, Shon ne put réprimer une grimace. Il s’essuya la joue d’un revers de la manche de son sweat-shirt et bailla à s’en décrocher la mâchoire. Il était épuisé. Combien d’heures s’étaient écoulées depuis sa dernière nuit, à la pension ? Il ne savait qu’une chose : il avait besoin de dormir. Même par terre, il était prêt à s’étendre et fermer les yeux ; il se laissa tomber de toute sa hauteur, pour s’asseoir et c’est un canapé-lit qui l’accueillit. Ce serait sans aucun doute plus confortable que le sol ! Il s’allongea et s’endormit aussitôt. Rickstar, qui avait retrouvé sa taille normale, vint se coucher par terre, juste à côté. Il veillerait sur lui pendant qu’il dormait. Il ne voulait pas le laisser seul, craignant un visiteur surprise.
Il avait déjà hâte qu’il se réveille. Son jeune maître avait beaucoup à apprendre. Mais, pour le moment, il devait se reposer. Après tout, ce n’était qu’un humain et un enfant, de surcroît !
Il n’avait donc d’autre choix que d’attendre. Il patienta ainsi des heures durant.
Il le regardait dormir. Son sommeil était si paisible ! C’était comme si tout allait bien ! Soudain, Shon s’agita, poussa des gémissements ; il faisait un cauchemar. Ce brusque changement était étonnant. La réalité refaisait sans doute surface, même dans ses rêves !
Lorsqu’il se réveilla enfin, son visage était couvert de larmes. Le jeune garçon s’assit, un peu perdu, puis remarqua la présence de Rickstar. Avant qu’il ait prononcé un seul mot, celui-ci lui dit :
-Tu ne crains rien ici. Nous sommes en sécurité. Je suis resté avec toi pendant que tu dormais. Je suis de ton côté. Ensemble, nous irons sauver ta mère ; je devine qu’elle compte beaucoup pour toi !
- Oui, c’est vrai !
- Je me doute bien que cette situation est inédite pour toi ; c’est pareil pour moi ! Maintenant, nous sommes ensemble et aussi longtemps que tu le voudras. Je suppose que tu es intrigué par ma présence à tes côtés. Lors de notre rencontre, tout s’est passé si vite ! Tu n’as même pas eu le temps de me donner ta réponse. Tu es parti et j’ai été aspiré dans ton sillage. Si ton médaillon ne m’avait pas recueilli, j’aurais certainement disparu, dans le néant. C’est tout ce que je sais. Apparemment, il a senti que tu acceptais ma proposition et je t’en remercie. Tu n’imagines pas à quel point c’est important pour moi… Quoiqu’il en soit, je suis désormais en mesure d’achever ton apprentissage. Le médaillon m’a donné les connaissances nécessaires. Il les a partagées avec moi. C’était comme s’il m’attendait. Tu peux compter sur moi pour t’aider. Je te propose, si tu veux bien, de procéder de la manière suivante : tu pourrais y retourner, en leur disant combien tu es désolé. Que ton comportement est inexcusable et que tu implores leur pardon. Tu as bien réfléchi et tu sais maintenant que tu as eu tort d’agir ainsi. Il faut qu’ils te croient ; c’est essentiel pour la suite. L’effet de surprise est ta seule garantie de réussir. Pour cela, tu feras apparaître un épais brouillard dans toute la maison. De cette manière, tu auras le champ libre pour ramener ta mère ici. Qu’en penses-tu ?
L’Esprit-chien arborait une fierté sans borne. Son plan était excellent.
Quant à Shon, il aurait été bien incapable de trouver autre chose. Il ne pouvait pas réfléchir clairement, posément alors qu’il s’inquiétait pour sa mère. Il redoutait aussi que son père lui en veuille. Après tout c’était son amie ! Shon ne voulait pas lui faire de peine, mais il agissait selon ses convictions ! Et surtout, il sentait que le comportement de son père avait quelque chose d’étrange. Comme si on l’avait transformé en zombie ! Tora était-elle la responsable ? Elle en avait très certainement le pouvoir mais pourquoi aurait-elle fait une chose pareille ?
De toutes manières, son père n’était plus tout à fait lui-même. Son absence de réaction face au coma de sa femme en était la preuve la plus flagrante. Il aurait du avoir peur, tout comme son fils, de la perdre à tout jamais !
Shon espérait surtout être capable de la sauver de ce sommeil artificiel. Le souvenir de sa chute lente et désespérée le hantait et le torturait. Il ne le lâchait jamais et devenait toujours plus douloureux. Il n’avait pas le choix ; il devait la sauver ! Il avait besoin de son amour, de sa présence apaisante !
Mais, pour réussir, il devrait évoluer. Sûr de lui, il s’adressa à Rickstar :
- Enseigne-moi tout ce que je dois savoir. Nous n’avons pas une minute à perdre. Elle m’attend.
- Très bien ; mais avant de commencer, je dois t’informer de certaines choses. D’abord, le lien qui nous unit est une sorte de connexion. Ce qui signifie que tout ce que tu ressens, je le perçois aussi et inversement. Avec le temps, il deviendra si fort que nous saurons tout l’un de l’autre ; le moindre de tes souvenirs, de tes sentiments… Ce manque d’intimité risque de te peser parfois, mais il est nécessaire. Le médaillon te sert à la fois de catalyseur et de paratonnerre pour la magie. Chaque fois que tu invoques des Esprits, une extraordinaire quantité d’énergie de type électromagnétique se répand autour et à l’intérieur de toi. Sans le médaillon que tu portes à ton cou, ton corps serait réduit en cendres ! Quant à moi, je suis à la fois ton ami, ton professeur et celui qui t’aidera à contrôler tes pouvoirs. Il n’est pas question de détruire ton monde ou même de tuer des humains, n’est-ce pas ?! Bon, le moment est venu ; prépare-toi à apprendre !
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le Dim 10 Mai 2015 - 9:31
Humm jolie transition vers l'apprentissage même si tu restes pas mal évasive

Pour le coup de la bouffe et de la colère, ton héros m'a fait penser à Natsu Gaya Tameron: Le dernier chaman - Page 2 805135

Et le fait que le père ne soit pas choqué pour la mère est normal, libéré de sa femme il est maintenant libre Gaya Tameron: Le dernier chaman - Page 2 835574

LOL  Bon, blagues à part j'ai trouvé ça fun le coup du familier prof, j'aime bien le concept, par contre j'aurais préféré un esprit de loup plutôt, c'est tellement plus classe Smurg

Le petit chien c'est pas mal non plus, ça lui donne un petit côté affectif, xD

Sinon, ce chapitre se lit tout seul je crois avoir tout dit.
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Gaya Tameron: Le dernier chaman - Page 2 Empty Re: Gaya Tameron: Le dernier chaman

le Dim 10 Mai 2015 - 10:34
Salut Aoki, merci de continuer à me suivre! Il est vrai que ce chapitre est une sorte de transition, une préparation pour le reste. Le prochain devrait satisfaire un peu plus ta curiosité.
Tu as raison pour Natsu, Shon lui ressemble beaucoup, mais à ma décharge, ce n’est qu’une coïncidence, à l’époque ou j’ai écrit cette histoire, je ne connaissais pas Fairy Tail!
La bonne blague!! Pauvre Elaï !
Oui, j’ai choisi un chien, pour le côté affectif, tu verras plus tard pourquoi !!!!!
Merci pour ta fidélité et comme toujours ta gentillesse ! Je sais que ce chapitre était un peu court, mais la suite va vite devenir mouvementée. J’espère que l’histoire continuera à te plaire.
A bientôt !
GAYA TAMERON
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le Lun 18 Mai 2015 - 14:53
Bonjour! Voici le chapitre 6. Bonne lecture à tous et j'attends avec impatience vos commentaires!


Chapitre 6 : Transformation

Jamais Shon n’aurait pu imaginer voir ça un jour. Alors qu’il pensait devoir assister à des cours théoriques, ennuyeux, et un peu de pratique ensuite, il s’aperçut rapidement qu’il se trompait lourdement. Il vit un couteau surgir de nulle part et venir trancher en un seul coup le sommet du crâne de Rickstar. Semblable à un opercule, celui-ci bascula et dévoila son contenu. Une sphère rouge s’en échappa. Elle brillait avec l’intensité d’un soleil. Elle se dirigea en direction de Shon et s’immobilisa à environ un mètre de lui.
- Place tes deux mains au-dessus ; vide ton esprit et concentre toute ton attention sur elle, lui expliqua Rickstar.
Shon effleura l’objet flottant devant lui. Il s’attendait à quelque chose de chaud mais, en fait, c’était froid, glacé même, et dure, avec des irrégularités. En les observant de plus près, il reconnut deux empreintes de main. Il y glissa ses mains et comme dans un moule, elles se fondirent dans la lumière rouge. Il plongea son regard encore plus profondément dans le halo et ses yeux changèrent de couleur. Brillant d’une lueur semblable, la sphère et ses iris étaient parfaitement accordés. Quelques minutes s’écoulèrent et un froid glacial se répandit dans tout son corps. Que lui arrivait-il ? Il avait la curieuse et désagréable sensation que quelqu’un jouait avec ses organes. Comme s’il s’agissait d’un jeu d’osselets, ils étaient déplacés, sans arrêt. Une nouvelle unité se formait en lui ; peut-être pour le préparer à sa nouvelle vie !
Et brusquement, il se figea. Il venait d’atteindre le point de rupture. Il finit par s’évanouir.
Rickstar l’allongea sur le canapé, avec précaution. Puis un pinceau apparut. Il n’avait rien d’ordinaire. Il possédait un long manche rouge et noir, incrusté de pierres précieuses, inconnues des humains. Apparemment doué d’une volonté propre, il s’approcha du visage du jeune garçon et débuta son œuvre. Il traça d’étranges symboles sur ses joues, son front, puis sur son torse. L’Esprit-chien l’observait, en silence. Il reconnut des signes cabalistiques, des symboles représentant la vie, la mort et la nature. Lorsque le pinceau disparut, une fois le travail achevé, une dizaine de bougies firent leur apparition. Elles flottaient dans les airs et répandaient une forte odeur : un mélange subtil d’encens et de paraffine. Pour compléter le cérémonial, des chants ancestraux envahirent la grotte. La scène avait quelque chose de mystérieux et d’envoûtant.
Les minutes s’écoulaient, lentement, et le corps de Shon se mit à trembler. D’abord, légèrement, mais ensuite ce fut comme s’il était en pleine crise d’épilepsie. Il transpirait aussi, abondamment. Des gouttes de sang. Pendant plusieurs jours, son état ne subit aucun changement notable ; du moins, de manière visible. Dans sa chair, le rituel suivait son cours. Le jeune apprenti semblait entre la vie et la mort. Il gémissait, hurlait aussi ; la fièvre le faisait délirer.
Lorsqu’il rouvrit les yeux, il semblait apaisé et reposé. Le médaillon avait disparu ; il n’était plus autour de son cou. Il n’avait plus aucune trace sur sa peau ; seulement, un tatouage qui s’étalait sur son torse. Il était très différent des symboles tracés par le pinceau. Il brillait comme le médaillon et lui ressemblait beaucoup. C’était comme s’il avait pénétré son épiderme. Mais c’était surtout le signe que son organisme avait accepté la transformation.
A présent, il était chaman. Tout était clair pour lui. Plus jamais, il ne serait malade, ou faible. Il se sentait de taille à mener n’importe quel combat, si périlleux soit-il ! Seul l’avenir pourrait lui donner raison ou tort sur ce point ; néanmoins, il avait confiance ! Il savait que son allié resterait à ses côtés et serait toujours là pour l’aider.
Pour l’instant, il avait la tête si pleine, qu’il lui semblait qu’elle allait exploser. S’il ne savait pas tout, il en savait déjà beaucoup et Rickstar serait là pour combler ses lacunes, si cela se révélait nécessaire. Il aurait aussi besoin de lui pour réussir à se contrôler. Ce serait le plus difficile pour lui ; il en était conscient. Désormais, il était puissant, il devrait veiller, par conséquent, à ses brusques changements d’humeur. Il était capable de tant de choses que les conséquences pouvaient rapidement devenir catastrophiques. Il savait créer un épais brouillard, faire appel aux différents Esprits pour venir le soutenir lors d’un combat particulièrement difficile. Il pouvait aussi quitter son corps, à volonté, s’emparer de n’importe quelle enveloppe et la posséder, voler, et communiquer avec les animaux et les Esprits. Il n’était plus un garçon normal !
Il avait hâte de pouvoir utiliser ses pouvoirs. Il savait qu’il n’aurait pas longtemps à attendre. Sa mère attendait qu’il vienne la secourir. Il décida de suivre scrupuleusement le plan établi par son ami. Il se concentra et visualisa la petite maison de la rue Quentin Tiben. En quelques secondes, il disparut, suivi de près par Rickstar. Ils atterrirent juste devant le portillon. Cette propriété avait changé sa vie.
Dès que Shon entra à l’intérieur, il aperçut son père, assis au chevet de sa mère, toujours inconsciente. Il observa Tora. Elle aménageait leur intérieur, plaçant leurs meubles, dans les différentes pièces. Apparemment, elle avait décidé que cette tâche lui revenait de droit.
Cela ne pouvait signifier que deux choses : d’abord, ils devraient vivre ici, dorénavant ; ensuite, elle semblait penser que sa mère ne reviendrait pas.
Autrefois, c’était elle qui s’en occupait, privilégiant le confort et la fonctionnalité pour sa famille. Nerveux, le jeune chaman hésita un bref instant avant d’agir. Une voix retentit, alors, dans sa tête. C’était Rickstar. Il l’encourageait, le motivait. Il savait qu’il avait raison ; il n’avait pas le choix. Il devait soustraire sa mère à la menace qui la guettait. Et la passivité de son père l’encourageait à agir au plus vite.
Aucun d’eux ne l’avait vu. Il était invisible, pour tous. Il ferma les yeux, inspira profondément et les ouvrit. Il devint à nouveau visible.
Pour la première fois, il parvint à mentir. Cela lui prit un long moment pour les convaincre tout à fait mais ils finirent par admettre ses explications. Son père, le premier, lui sourit, et s’approcha pour le prendre dans ses bras. Son fils, pour ne pas attirer les soupçons, ne refusa pas l’étreinte ; pourtant, elle le mettait mal à l’aise. Tora, elle aussi, s’avança vers eux ; mais elle en profita, surtout, pour envelopper la jeune femme d’un bouclier de protection. Elle se méfiait. Et le masque de Shon n’y résista pas. Il se laissa submerger par la rage. Il n’y pouvait rien, c’était plus fort que lui ! Ce champ de force lui compliquait la tâche !
L’Esprit-chien tenta de l’apaiser :
- Calme-toi, mon ami. Concentre-toi sur ton but, notre but. Ne compromets pas nos chances de réussite. Si tu laisses la colère t’aveugler, tu le regretteras plus tard. Ecoute-moi plutôt et fais preuve de tempérance !
Ces paroles l’aidèrent. Il savait qu’il devait se reprendre, jouer la comédie, pour, ensuite, porter l’estocade. Tel était le plan. Il eut besoin de toute sa volonté pour retrouver son calme et lorsqu’il y parvint, il arbora un sourire forcé. Son visage se figea, sans rien laisser transparaître.
Par la seule force de sa volonté, la bulle protectrice qui enveloppait sa mère, explosa. Un épais brouillard se propagea, aussitôt, et gagna l’ensemble de l’habitation.
D’un simple regard, il projeta Tora contre un mur et la ligota, fermement. Les liens qui la retenaient, étaient de l’or tressé ; ils étaient les seuls capables d’emprisonner un Esprit.
Mais, bien sûr, elle n’était pas un Esprit semblable à tous les autres, et elle parvint à s’en libérer, aisément.
- Eh bien, que te voilà métamorphosé ! Et en quelques jours, seulement ! Où est donc le gentil garçon, timide et sage ? Ton père s’inquiétait pour toi ! Tu devrais avoir honte ! Il n’a pas dormi depuis ton départ ! Il a veillé sur ta mère jour et nuit, en attendant ton retour ! Je suis sûre que ton comportement le déçoit ! Tu n’es en fait qu’un vulgaire petit voyou ! lui reprocha-t-elle, impassible.
- Tout est de votre faute ! Ce que vous avez infligé à ma mère justifie pleinement mes actes ; et rien ne me fera changer d’avis ! hurla-t-il, brisant le calme qu’il tentait de conserver.
Le brouillard devenait plus épais et amoindrissait la visibilité. Il isolait Bassou, qui se mit à tousser. L’air se changeait en un rideau épais de fumée. Pourtant, il voulait avancer ; aveugle et à bout de force, son cerveau lui disait de bouger, malgré tout. Il devait rejoindre son fils, lui expliquer, le faire revenir à la raison. Son fils avait beaucoup changé. Il avait sans doute été possédé ; c’était la seule explication possible. Mais cette idée le terrifiait ; il savait exactement ce que cela impliquait. Si Shon était bel et bien habité par un Vengeur, la seule catégorie capable de le faire, celui-ci le mènerait à sa perte. Autrement dit, il perdrait son fils. Le simple fait de l’envisager lui donnait de bonnes raisons pour continuer à avancer. La gorge de plus en plus sèche, il lui était impossible de voir ni même d’entendre ce qui se passait autour de lui. Quand un obstacle le fit trébucher, il reconnut assez vite le canapé sur lequel était étendue sa femme. Mais il ne put se relever. Un vent glacial l’immobilisa sur place. En quelques secondes, il fut paralysé par le froid.
- Désolé, papa ! Ce n’était pas toi que je visais. Mais au cas où, je ne peux pas t’autoriser à la toucher. Quant à vous, je vais m’occuper de vous et définitivement ! s’empressa de dire Shon.
Il leva les bras vers le ciel, joignant les mains en une sorte de prière et visa ensuite Tora. Du bout de ses doigts jaillit un terrible blizzard qui s’abattit férocement sur elle. Il était si puissant que rien ne lui résistait. Il envahit toute la maison. Ses rafales firent chanceler Bassou, réduit à une simple statue de glace. En tombant, il aurait pu se briser mais par chance il resta entier. Contre toute attente, des dizaines de gouttes de sang perlèrent sur sa peau blanche comme du marbre et se figèrent en touchant le sol. Même réduit à un simple objet, sa sensibilité n’en était pas pour autant réduite ; il avait très précisément senti les milliers de couteaux à la lame tranchante s’enfoncer dans sa chair. Il avait enduré la déchirure et la brûlure qui suivait ; sans un mot.
Son fils, furieux, n’avait rien vu de ce qu’il faisait endurer à son père. Mais ce n’était pas le cas de Rickstar. Il alerta le jeune chaman. Celui-ci resta figé un moment sans pouvoir réaliser ce qui se passait. Mais une attaque de la Grande Prêtresse le réveilla et malgré la honte qu’il ne pouvait manquer d’éprouver, il invoqua des Capteurs de classes distinctes. Il avait failli tuer son père, c’était horrible, soit ; mais, il lui appartenait de réparer sa terrible erreur. Des flammèches se regroupèrent autour de Bassou. Elles allaient le réchauffer, en faisant fondre sa prison de glace. Des flaques rosées se formèrent progressivement et bientôt, il fut capable de bouger. Frigorifié, glacé, l’ancien chaman grelottait et claquait des dents. Sa température corporelle restait encore en-dessous de la normale. Un feu de camp se forma à ses pieds et il s’assit à proximité.
L’attaque de Tora avait fait l’effet d’un électrochoc sur Shon. Elle lui avait permis de réagir à temps. Il avait lancé, à son tour, une offensive où la terre, l’eau et le feu se mêlaient pour former une arme massive, destinée à la faire plier. En effet, elle fut contrainte de se protéger et fit apparaître un bouclier de feu, dans ce but. La puissance de l’assaut l’avait mise de mauvaise humeur et elle lui adressa un sourire malveillant. Elle fit virevolter le bouclier, de plus en plus vite et des pierres de lave s’en échappèrent, prenant pour cible unique : Shon.
Son père vint s’interposer entre les deux adversaires et s’adressa à son amie :
- Je t’en supplie, arrête ! Tu t’en prends à mon fils ! Même s’il a tort, je ne veux pas que tu lui fasses du mal ! Laisse-le emmener sa mère ! Il pense qu’elle est en danger avec nous. Alors, s’il-te-plaît, fais-le pour moi, en souvenir de notre amitié !
A ces mots, la Grande Tora le dévisagea longuement ; elle sembla réfléchir, puis éclata de rire. Un rire forcé, dérangeant et étrange. De son côté, le jeune garçon demeurait interdit. Cette réaction le mettait mal à l’aise. Toute attaque s’était interrompue dès l’intervention de son père, et les Esprit-éléments attendaient impatiemment la reprise de la bataille. Mais cela ne pouvait arriver, car quelque chose allait tout changer.
La Grande Unificatrice fut, brusquement, prise de violents tremblements, qui gagnaient en intensité. C’était comme si elle se disloquait de l’intérieur. Progressivement, du bas vers le haut, elle disparut. Ce qui avait été n’était plus et à la place un Vengeur se rua sur son père.
Avant même de pouvoir réagir, Shon s’aperçut que quelqu’un avait ralenti le cours du temps. Il pouvait, ainsi, à loisir, observer l’attaque de l’Esprit maléfique. Il savait qu’il n’y était pour rien et devina en un éclair le nom du responsable : Rickstar. Heureusement qu’il était là ! A l’intérieur de sa tête, il entendit la voix de son ami résonner :
- Ce n’est pas Tora qui a endormi ta mère. Cela lui était impossible ; elle est prisonnière d’un autre monde, parallèle au vôtre où une nouvelle réalité a pris vie. Le Mal suprême qui a pour nom Torax y règne en maître absolu. Tora n’a jamais existé dans ce monde-ci. Mais pour que son pouvoir soit invulnérable, il devait s’en prendre à « notre » Tora. Cette dimension singulière n’est autre que le Royaume des morts. Tout être qui y existe, vit aussi dans votre monde. Je sais, c’est compliqué. Je vais essayer d’être plus clair. Tous les êtres humains ont une partie de leur âme qui les attend là-bas. Lorsqu’ils meurent, leur corps se désagrège et leur âme redevient complète. Seuls les chamans et les guérisseuses sont entiers durant toute leur vie. A Affantésis, Tora avait un frère jumeau mais celui-ci est décédé bien avant sa naissance. C’est pour cette raison qu’il voue une haine sans borne à sa sœur et au monde des humains. Il est persuadé qu’elle lui a volé sa vie et que votre monde l’a rejeté sciemment. A Thanatosis, il s’est bâti une réputation à la hauteur de ses méfaits et de ses pouvoirs. Aujourd’hui, s’il a envoyé un Vengeur, c’était pour te rallier à sa cause. En plongeant ta mère dans cette léthargie, il espérait que tu oublierais ta véritable nature. Mais crois-moi, tu peux te fier à Tora. Ce qu’elle t’a dit est la stricte vérité : tu es son successeur ! En fait, tu es précieux pour les deux camps ; c’est toi qui a le pouvoir de faire triompher ou le Bien ou le Mal ! Ne te fais aucun souci pour ta mère, je l’ai mise en sécurité, à l’intérieur de la grotte. En ce qui concerne ton père, c’est autre chose. Tu dois impérativement le protéger et détruire ce Vengeur. Il ne pourra jamais résister à une autre attaque. Le meilleur moyen pour le sauver est très simple : tu dois échanger ton corps avec le sien. De cette manière, il se trouvera en sécurité ; ton corps est une véritable armure en soi. Dès que tu auras procédé à l’échange, tu n’auras plus qu’à exterminer ton adversaire. C’est sa faute si ton père te paraissait étrange tout ce temps. Ils sont capables de faire de n’importe quel humain un zombie, étranger à lui-même ; et cela rien que par leur présence. Je suis très étonné que tu aies perçu l’effet de ce maléfice et aussi que Tora la fausse n’était pas celle qu’elle prétendait être. Tu as une intuition très puissante. Je suis persuadé qu’elle te sera très utile, au cours de ta carrière de chaman. Une dernière chose, encore. Sache que c’est Tora qui m’a donné toutes ces informations. Elle t’a aussi transmis tous ses pouvoirs, alors que tu étais entre la vie et la mort. Elle ne voulait surtout pas que son frère malfaisant s’en empare. A présent, tu as en ta possession toutes les cartes pour gagner. Tout dépend de toi ! Maintenant, tiens-toi prêt ! Je vais rétablir le cours normal du temps. Bonne chance !
Shon hocha la tête. Il avait confiance en lui comme jamais.
En une fraction de seconde, le Vengeur retrouva toute sa vitalité et poursuivit son attaque. Il avait beau être incroyablement rapide, Shon eut pourtant le temps de procéder à l’échange des corps et de le contrer. L’enveloppe de son père lui donnait de nouvelles sensations. Son corps était musclé et nerveux ; l’excitation du combat l’irradiait. Il était bien plus grand, aussi ; il mesurait un mètre quatre-vingt-dix. La différence était flagrante. Il avait le sentiment d’être devenu un géant. Posséder un corps pareil était une chance formidable ! Il se sentait bien plus fort. Le Vengeur n’avait aucune chance contre lui, il en était certain !
En parant son attaque, il l’éloigna suffisamment pour pouvoir prévoir le moindre de ses mouvements tout en réfléchissant à la manière de le terrasser. Cette fois, il devait prendre en compte la sécurité de son père. Il ne lui en voulait plus ; il savait qu’il n’était pas responsable de ce qui était arrivé à sa mère. Afin d’éviter les dommages collatéraux, il décida d’en finir au plus vite avec le Vengeur. Le plus simple était une frappe d’envergure. Il invoqua un grand nombre de Miséreux, de Capteurs, de Monolithes et de Polythos. Ces Esprits jaillirent tous en même temps du médaillon que portait en permanence son père, déchirant sa chemise de coton. Brûlant d’un feu bleu et blanc, le jeune chaman était devenu à la fois accumulateur d’énergie, récepteur et portail d’accès. Il était en transe. Rickstar prit l’initiative de prendre part à l’attaque groupée. Il précéda l’armée rugissante et tous s’élancèrent en direction du Vengeur. Celui-ci avait l’air surpris et déconcerté ; ressentait-il sa fin toute proche ?
A distance, Shon commandait la horde. Chaque catégorie avait une aptitude différente. Il allait s’en servir. Il y eut des hurlements assourdissant, des geysers de lave, des cyclones et des cascades d’eau ; tout cela vers une unique cible. Ensemble, ils pénétrèrent la robe protectrice de l’Esprit démoniaque. Sous l’impact, celui-ci se disloqua violemment. Nichés en masse dans son cœur, ils avaient eu raison de lui. Mais, il lui restait encore assez de force pour tenter de se reconstituer. Son champ magnétique en était capable. Les différents corpuscules s’épuisaient en vaines tentatives. Chaque nouvel essai était aussitôt réduit à néant par l’armée d’Esprits. Si bien qu’aux termes de maints efforts, le Vengeur finit par s’éteindre définitivement.
Shon était le grand vainqueur. Il eut besoin de quelques minutes pour quitter l’état extatique. Pendant ce temps, une demi-ombre fugitive disparut sous un des meubles, sans que nul n’y prête la moindre attention ; et l’armée quitta le monde des vivants.

jackloft25
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le Lun 18 Mai 2015 - 15:34
ah oui tres beau aussi j adore ^^
GAYA TAMERON
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le Lun 18 Mai 2015 - 16:56
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Merci Jackloft25, ça fait super plaisir!

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le Mar 19 Mai 2015 - 9:33
dr ^^
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le Ven 29 Mai 2015 - 15:41
Ça devient de plus en plus excitant!!! J'apprécie la façon dont tu termine chaque chapitre. On a toujours envie de savoir la suite.
GAYA TAMERON
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le Ven 29 Mai 2015 - 17:31
Merci beaucoup Reita ! Je posterai bientôt la suite.
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le Sam 6 Juin 2015 - 19:09
cooljattend avec impatience ^^
Aoki
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le Sam 6 Juin 2015 - 21:22
Je vois que tu rentres dans le vif du sujet, et du coup j'ai hâte de voir ce que ça donnerait sur planches ( même si le problème du tri du texte reste entier mais là je m'égare ) Je vois bien le personnage avec les runes gravées sur le torse qui fait appel au pouvoir des esprits et des éléments, ça pourrait être classe Smurg

Un chapitre qui bouge donc, même si j'ai été un peu étonné du changement de personnalité de Shon, il passe du jeune garçon " innocent " j'ai envie de dire, à quelqu'un de très impatient, tout en restant calme et froid, il est prêt à contenir toute cette colère pour mieux se venger, et ça fait peur =O ( Je sais pas si j'ai inventé ça, mais ce changement de comportement aurais à voir avec ses nouveaux pouvoir ? )

En tout cas je commence à cerner un peu le héros et je me demande ce qu'il va devenir, je le vois bien sombrer, dominé par ses pouvoirs et changer a 200% de personnalité, bref j'arrête de me faire des films.

Gaya Tameron: Le dernier chaman - Page 2 528577 Encore une fois, curieux de voir la suite.
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le Dim 7 Juin 2015 - 10:00
Merci Aoki de continuer à lire cette histoire et très heureuse qu’elle te plaise toujours!
Oui tu as raison ça ne va pas être facile mais j'adore les challenges !
C’est vrai que Shon change du tout au tout, et tu as dû  remarquer que l'élément déclencheur était sa mère plongée dans le Sotharlis. Comme il a peur de la perdre, qu’il ne comprend pas ce qui arrive, il s'enfuit et Rickstar fait de lui un chaman. Je voulais montrer la difficulté pour lui de faire la part des choses, et l'espèce d'ivresse qui le prend sitôt  qu’il  acquiert ses pouvoirs. La force n’est rien sans le contrôle, à mon avis. La question sous - jacente  de cette histoire est : Shon saura - t - il maîtriser ses pouvoirs et ne pas se laisser emporter au gré de ses humeurs ? Sans spoiler, je peux te dire que la route sera longue et semée d'embûches!
A très bientôt ! Et merci encore à tous ceux qui suivent les aventures de Shon !

Du coup, j'en profite aussi pour poster le septième chapitre, alors bonne lecture !



Chapitre 7: Ensemble



Le corps du jeune chaman s’approcha de lui, mais c’est la voix de son propre père qu’il entendit :
- Félicitation, mon fils ! Tu l’as eu ! Tu t’es débrouillé comme un chef ! Grâce à toi, je suis sain et sauf. L’énergie de ton corps m’a régénéré. Heureusement que tu étais là ! Je me suis fait avoir comme un débutant ! Je n’arrive pas à y croire. Je n’ai rien vu ! As-tu une idée du moment où Tora a été remplacée ?
Mais Shon l’ignorait. Il avait seulement eu l’intuition que quelque chose n’était pas normal dans ses agissements. Ils semblaient forcés.
Soudain, une idée s’infiltra dans sa tête : son père avait failli mourir et par sa faute, de surcroît. Il frissonna, tentant de la balayer sans y parvenir tout à fait.
Pour éviter d’y penser, il se mit à réfléchir. Il était étrange que ce Vengeur ait pu pénétrer le monde des vivants. Il avait du bénéficier d’une aide extrêmement puissante. Il savait qu’Affantésis était protégé contre ce genre d’invasion mais peut-être la capture de Tora avait-elle affaibli aussi les défenses de ce monde ?! Quant à savoir de quelle manière, elle avait été emprisonnée, il s’agissait d’une autre question à laquelle il serait difficile de répondre. D’après ce qu’il connaissait des Esprits, seuls d’autres Esprits étaient en mesure de les toucher, de les blesser, ou même de les anéantir. Or Tora était, et de loin, la plus puissante d’entre eux ; alors, comment Torax avait-il réussi cet exploit ?
Même s’il ne prit pas la peine d’interroger son père à ce sujet, celui-ci devina ses inquiétudes et lui expliqua ce qu’il en était vraiment :
- Malgré sa toute-puissance, il y a quelque chose contre laquelle elle ne peut rien. Elle demeure, en fin de compte, un pur Esprit et en tant que tel, elle a son talon d’Achille. Si on brûle ses restes mortels, elle se retrouve emprisonnée. Impossible pour elle de s’échapper de sa cage dont le champ électromagnétique est pratiquement inviolable. En même temps, on lui aspire ses pouvoirs afin que celui qui la retient puisse en profiter. Ils sont en train de tout lui prendre, jusqu’à son énergie spectrale. Ils veulent la détruire. Nous devons absolument la libérer. Nous avons besoin d’elle pour mener le combat qui s’annonce. Pour elle ce serait une deuxième mort, mais cette fois, elle serait irrémédiable. Nous ne pourrions plus jamais la ramener parmi nous ! Ce serait une perte terrible ! Mais avant cela, je souhaiterais récupérer mon corps d’adulte, je te prie ; et tu pourras retrouver le tien, bien entendu. Ensuite, il faudra trouver un moyen pour réveiller ta mère ; si tu acceptes de la ramener en ces lieux.
Le jeune chaman obéit sans se faire prier. Tous deux se placèrent face à face et se donnèrent la main. Ils étaient concentrés sur leur but. Leurs âmes s’envolèrent pour rejoindre leur enveloppe initiale. Ce fut rapide et facile. Il découvrait par la même occasion que son père avait été un grand chaman. Si celui-ci parut soulagé, une fois l’échange terminé, son fils, lui, était déçu. C’était la première fois qu’il possédait un corps aussi longtemps et il aurait souhaité prolonger ladite expérience. Pourtant, il avait conscience que l’heure n’était pas aux jeux infantiles et qu’il devrait attendre pour s’amuser avec ses pouvoirs. Sans plus tarder, il adressa un signe à Rickstar qui s’éclipsa aussitôt. Il était parti chercher Elaï, dans la grotte. Il espérait qu’à eux trois, ils parviendraient à une solution pour réveiller sa mère profondément endormie.
Lorsque l’Esprit-chien revint, il était suivi par un corps raide en lévitation horizontale. La jeune femme fut confortablement étendue sur un canapé, dans la pièce adjacente, qui se révéla être le salon.
Puis, ce fut le moment de se concerter. Comment procéder pour la faire quitter sa léthargie ?
Bassou avait des difficultés pour se souvenir de ce qu’il avait su jadis à propos du Sotharlis. Cela remontait à plus de dix ans ! Une seule chose était claire dans sa tête : c’était toujours Tora qui le provoquait et y mettait fin.
Et Rickstar confirma. Elle était effectivement la seule à détenir la clé de cet étrange voyage. Du moins, c’était le cas, jusqu’à présent, car, de toute évidence, le Vengeur, ou quelqu’un d’autre, pour la lui donner ensuite, l’en avait délestée.
Il n’y avait plus qu’une solution : ils devraient libérer en priorité Tora, pour réussir sur les deux tableaux ! Une fois libérée, elle serait en mesure de la réveiller et ils seraient à nouveau réunis.
Mais la discussion tourna court lorsqu’il fut question de décider qui irait sauver la Grande Prêtresse. Bassou savait qu’il ne pouvait y aller. Il ne possédait plus aucun pouvoir. Malgré tout, il refusait que son fils risque sa vie, compte tenu de sa destinée. S’il venait à être blessé ou pire encore, sa femme ne le lui pardonnerait jamais. Et elle aurait raison ! Tant qu’il n’avait pas de guérisseuse attitrée, il restait vulnérable. De plus, son enthousiasme débordant ne pouvait en aucune manière compenser son manque d’expérience notable ! Il ne devait pas oublier qu’il était le dernier chaman ! A ce titre, il avait des responsabilités. Il devrait être raisonnable et céder sa place à Rickstar. C’était la solution la plus sensée.
De mauvaise grâce, Shon finit par se laisser convaincre. De toutes manières, il n’avait pas vraiment le choix !
Le rôle principal venait d’être attribué ; restait encore à étudier la mise en scène.
L’Esprit-chien devrait être prudent. Il aurait sans doute à faire face à une multitude de Vengeurs, sur le qui-vive. Ils seraient sans pitié pour garder la prisonnière. Quant au champ électromagnétique, qui retenait Tora, il était primordial de savoir comment procéder pour l’éteindre.
Bassou, fin tacticien, réfléchit un instant puis exposa ses idées. Selon lui, les Capteurs de la classe aquatique devraient intervenir. Ils étaient l’arme absolue dans ce cas. Pendant ce temps, d’autres Capteurs feraient diversion pour laisser à Rickstar le temps de l’évacuer. Et il n’y avait qu’un moyen imparable : un combat entre les deux camps. Pour remporter la bataille, il leur suffirait de détruire la masse atomique de l’adversaire. En ingérant des Esprits de classes différentes, le cœur de l’Esprit-hôte essaierait de rétablir l’unité originelle, sans pour autant y parvenir. S’ensuivrait ensuite une explosion qui détruirait l’Esprit.
Tout était prévu dans les moindres détails. Ils pensaient s’être mis à l’abri de toute surprise. Quant à Shon, il regrettait surtout de ne pas avoir osé se rebeller. Il aurait voulu prendre les choses en main, sans plus attendre. Son père avait déjà connu son heure de gloire ; c’était son tour, à présent ! Il n’acceptait pas d’être écarté de la sorte. Il ne voulait pas être relégué au second plan, comme un enfant qui devait être protégé. Il se sentait de taille à tout affronter et ne ressentait aucune peur.
Mais, bien sûr, il était inutile d’exprimer tout cela à voix haute ; son père avait pris sa décision et rien ne le ferait changer d’avis.
Soudain, un bruit étrange et indescriptible leur parvint. Il provenait du salon, ils en étaient sûrs. Ils s’y précipitèrent et ne virent que deux choses : les vêtements d’Elaï éparpillés au sol et le canapé vide ! Ils remarquèrent qu’une poudre argileuse les avait souillés. Au plafond, une forme irisée les observait. C’était la mère de Shon, la femme de Bassou ! Elle était morte ! Elle s’approcha d’eux ; elle semblait vouloir leur parler. Rickstar préféra s’éloigner pour les laisser seuls.
- Tu vas devoir être fort, mon fils ! Je t’aime de tout mon cœur et je serai toujours à tes côtés, tu peux en être sûr ! Mais je ne vais plus pouvoir vivre avec ton père et toi. Je suis devenue un Esprit-guérisseur ! Il semble que je sois la première ! Malgré tout, la situation présente est, elle aussi, inédite ! Surtout, ne te fais aucun reproche ! Tu n’y es pour rien ! Cela devait arriver, voilà tout ! A présent, Torax ne peut plus rien contre moi ! Il ne pourra pas me corrompre ! Je ne peux pas tout t’expliquer maintenant, mais sache que mon nouveau statut me protège efficacement du Mal et qu’il ne m’empêchera jamais de veiller sur vous deux ! Je ne suis pas une « simple guérisseuse » ! Je n’en ai pas les faiblesses, les limites ; je n’en suis pas dénuée pour autant. Vous deux constituez à la fois ma force et ma faiblesse. Je suis ce que je suis grâce à votre amour mais d’un autre côté, s’il vous arrivait malheur, je ne pourrais vous rejoindre. Je serais perdue à tout jamais, sans aucun lien terrestre ! Mes souvenirs de vous, de notre famille me seraient retirés et je serais ensuite réaffectée ! Il s’agit d’une sorte de recyclage. Mais, ne pensons pas à cela ! Je suis certaine que vous franchirez tous les obstacles qui se dresseront devant vous ! Restés unis et vous serez les plus forts ! Shon, c’est à toi que j’adresse cette requête : ton père a déjà été manipulé une fois, il faut que tu veilles sur lui. Je t’en supplie, trouve un moyen de le protéger ! C’est vital ! Vous devez pouvoir compter l’un sur l’autre ! Bassou, mon amour, je t’aime, merci pour toutes ces années de bonheur ! En fin de compte, nous ne vieillirons pas ensemble mais je ne serai jamais très loin de vous ! Si tu as besoin de moi, tu n’auras qu’à m’appeler et je viendrais ! Et c’est pareil pour toi, Shon ! Je serai toujours ta maman ! A bientôt, mes amours !
Elle ne pouvait plus pleurer, mais son émotion était palpable. Son fils, quant à lui, ne pouvait cacher sa peine. Il était même littéralement effondré. Il trouva pourtant la force de lui répondre :
- Je te le promets, maman. Moi aussi, je t’aime !
Elle lui adressa un dernier sourire, un peu triste et s’évanouit sous leurs yeux. Il jeta un rapide coup d’œil en direction de son père et aperçut les larmes sur son visage fatigué. C’était la première fois qu’il le voyait pleurer.
De son côté, Bassou était plongé dans un profond désarroi. Il ne parvenait pas à comprendre le bien-fondé de cette tragédie. Ce monde qui lui avait tant offert, autrefois, venait de lui soutirer sa femme ! Il recelait encore bien des mystères !
Le jeune chaman fut le premier à se ressaisir. Il avait promis de faire son possible pour protéger son père ! Et cela lui plaisait ! Il allait pouvoir montrer ce dont il était vraiment capable ! Et surtout, il refusait de se retrouver seul avec deux fantômes, en guise de parents ! Il avait conscience qu’il n’avait pas le droit à l’erreur !
Mais comment devait-il procéder ? Quel stratagème trouver pour compenser la vulnérabilité de son père ?
Il ne parvenait à aucune solution. Il avait sans doute encore le cerveau tout embrouillé. Heureusement, Rickstar lui souffla la réponse : la ceinture-bouclier. Depuis sa prison, Tora parvenait à communiquer avec le médaillon, et donc avec lui. D’après elle, ce dispositif de défense permettait à son détenteur une invulnérabilité à toute épreuve. Cependant, nul ne savait où elle était cachée. Et Torax la cherchait, lui aussi ! Il n’avait pas d’autre choix : ils devaient être les premiers à retrouver sa trace !
Une mission supplémentaire ! Rien ne leur serait donc épargné ? Ils avaient quantité de choses à régler avant de pouvoir mettre un terme aux projets machiavéliques de l’infâme Torax !
Sans prendre la peine d’en discuter avec son père, Shon décida de partir à la recherche de l’objet. Cette quête lui revenait de droit, pensait-il.
Lorsqu’il le leur annonça fièrement, Bassou, malgré ses réticences, dut se résoudre à accepter. Si l’Esprit-chien partait secourir la Grande Prêtresse, il ne restait plus qu’eux deux. Ce serait sans aucun doute dangereux ! Les deux camps s’affronteraient pour posséder l’accessoire qui serait décisif dans la lutte du Bien contre le Mal ! Shon aurait besoin de toute sa puissance pour combattre ! Et l’ancien chaman prit, d’un seul coup, toute la mesure du temps qui, lentement, s’écoulait. Il était devenu inutile, incapable de protéger son fils !
Pourtant, il devait se rendre à l’évidence, l’avenir de l’humanité toute entière, reposait entre les mains de ce garçon de treize ans ! Et il n’avait aucune envie de devenir un vulgaire zombie à la solde du Mal suprême !
Il devrait, par conséquent, se contenter de lui donner des conseils. Et, il espérait que son fils reviendrait sain et sauf.
Pour l’heure, ils devraient faire face ensemble à leur chagrin, et se soutenir mutuellement. Ils devraient se construire une nouvelle vie sans elle. Et même si elle n’avait pas complètement disparue, ce ne serait jamais plus pareil ! Ils pourraient l’appeler, chaque fois que cela serait nécessaire, ou même qu’ils en auraient simplement envie. Mais la vie, tous les trois ensemble, comme avant, ç’en était fini ! Cette demi-perte était un apaisement autant qu’un poison ! Il était beaucoup plus difficile de faire son deuil ! Cette alternance de réunions et de séparations meurtrissait davantage qu’une disparition définitive et brutale ! Dans ces conditions, « se reconstruire » était très compliqué ! Les morts ne l’étaient pas tout à fait et revenaient fréquemment, comme des fantômes du passé qu’on ne pouvait oublier !
Perdu dans ses pensées, Bassou regardait, sans le voir, Rickstar qui jouait avec sa queue comme un jeune chiot. Il était prêt à partir, dès que Shon aurait réuni suffisamment de Capteurs, nécessaires à la mission de sauvetage.
Le rassemblement eut lieu, finalement, et tous écoutèrent attentivement le jeune chaman. Celui-ci leur expliqua précisément ce qu’il attendait d’eux, pour aider l’Esprit-chien.
Un mur du salon se perça d’un trou et la nuée d’Esprits y pénétra. Derrière eux, le mur retrouva toute son intégrité.
Le père et le fils se regardèrent, sans dire un mot. Ne leur restait plus qu’à attendre !
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le Dim 14 Juin 2015 - 22:16
Pour ceux qui suivent les aventures de Shon, voici un petit lexique des mots un peu étranges que j'ai inventé :

Affantès : Humain.

Bénéfique : Humain dont l’âme est pure.

Capteur : Esprit-élément de l’eau, de la terre, du feu ou de l’électricité.

Chaman : Sorcier se livrant sous extase à un ensemble de pratiques magiques et/ou religieuses.

Guérisseuse : Elle se sert de ses pouvoirs pour la plupart défensifs afin de soigner les Chamans.

Miséreux : Esprit errant qui rompt l’équilibre entre les deux mondes.

Monolithe : Esprit qui est réincarné.

Pastige : Substance polymorphe vide.

Polythos : Esprit qui a déjà été réincarné à plusieurs reprises.

Reyshak : La solution de mort.

Veilleur : Garde personnel de Torax.

Vengeur : Esprit malfaisant.

Visapost : Lettre magique à regarder autant qu’à écouter.
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le Dim 28 Juin 2015 - 17:09
Je vous propose de découvrir le huitième chapitre et comme d'habitude, je suis impatiente de lire vos commentaires et avis. Bonne lecture !

Chapitre 8 : Tora et le Globe Universel

Pendant ce temps, Rickstar menait, tel un adjudant, les Capteurs jusqu’à Tora.
Lorsqu’ils arrivèrent, quelques minutes suffirent pour que le champ électrique autour d’elle soit détruit.
Et les Vengeurs furent anéantis, comme prévu. Les Esprits invoqués, tous de catégorie différente, avaient pénétré en chacun d’eux. Ces fusions forcées n’avaient duré qu’une dizaine de secondes ; puis, la confusion et le conflit avaient pris le dessus. Le cœur originel avait tenté de rétablir l’unité qui venait d’être brisée ; sans y parvenir. C’était inévitable ! L’explosion d’une violence inouïe éclata et s’étendit à tout le groupe, comme une réaction en chaîne. Une fumée grisâtre et dense se forma progressivement et se répandit partout. Mais, même sans cette fumée, ce lieu, quel qu’il puisse être, ne donnait pas envie de s’y attarder. Des hurlements stridents résonnaient. L’atmosphère pesante, étouffante, même pour les Esprits, incitait à la plus grande méfiance. Il semblait évident que la magie avait créé ce lieu ; et pas n’importe laquelle : celle du Mal. Le meneur de l’armée spirituelle ignorait où il se trouvait exactement. Il n’était certain que d’une seule chose : il avait hâte d’en finir, au plus vite, avec cette mission. Dès qu’il aurait trouvé Tora, il n’avait pas l’intention de s’éterniser ici, plus longtemps. Scrutant les environs avec précaution, il se déplaçait lentement. Il regardait partout, sans rien trouver. Les Capteurs, qui avaient pris de l’avance, revinrent sur leurs pas et, virevoltant dans un nuage informe, s’évanouirent juste devant lui. Leur tâche accomplie, ils étaient repartis.
Rickstar se retrouva seul. Au fur et à mesure que le brouillard se dissipait, il découvrait ce qui l’entourait. Il continuait d’avancer, tout en observant l’étrangeté du lieu. Il avait eu le sentiment de parcourir plusieurs centaines de mètres et pourtant, le volume clos, à l’intérieur duquel il avait pénétré, était en fait bien plus limité. Les masses cotonneuses et grises en suspension et en perpétuel mouvement lent en masquait la véritable configuration. Elles formaient des sortes de cloisons mobiles qui obscurcissaient toute tentative de se repérer. En volant au-dessus de la plus haute, il finit, pourtant, par apercevoir quelque chose. En s’approchant, il reconnut Tora. Ou plutôt, il sentit que c’était elle. Elle avait tellement changé ! Elle semblait épuisée. La voir ainsi le déconcertait terriblement. Il restait là, à environ deux mètres d’elle, sans savoir quoi faire.
Lentement, elle leva la tête dans sa direction et lui adressa un pâle sourire. Elle n’avait plus grand-chose en commun avec la Grande Prêtresse qu’elle avait été jadis. Elle n’était plus qu’une vieille femme, fragile et apathique, arrivée au terme de son existence. Elle attendait son heure ! Il se souvenait de leur première rencontre. C’était elle qui l’avait accueilli lorsqu’il était devenu un pur Esprit. Elle mettait un point d’honneur à connaître les nouveaux Esprits. Seuls les Vengeurs ne faisaient pas parti de ceux dont elle avait la charge.
Ce jour-là n’était pas si lointain, quelques semaines, tout au plus, et pourtant…
Elle avait toujours été une référence pour tous les chamans et, à présent, elle n’était plus rien. Shon, le jeune chaman, avait-il la moindre chance de vaincre Torax, sans elle ?
Respectueusement, il s’avança vers elle et lui expliqua l’objet de sa visite. Shon et Bassou lui avaient confié pour mission de la libérer et de la ramener à Affantésis. Ils avaient vraiment besoin d’elle ! Elaï était morte !
D’un air serein, elle lui dit :
- Transmets-leur tous mes remerciements. Leurs intentions me touchent profondément ! Mais tout cela est devenu inutile. Tu n’aurais jamais du venir jusqu’ici. Il est trop tard pour moi ! Je suis en train de mourir ! Ils devront agir sans moi et sans Elaï, voilà tout. Maintenant qu’elle est morte, ses pouvoirs peuvent se révéler, sans aucune limite. Ce n’est pas une simple guérisseuse. Elle est la Guérisseuse Suprême. Elle sera bientôt la plus puissante de toutes. Elle l’ignore, je suppose, mais l’amour que lui portent son mari et son fils a fait d’elle un être immortel. Ce n’est qu’à la destruction de mon frère qu’elle pourra retrouver une vie normale avec eux ! Elle va avoir à sa disposition de formidables pouvoirs tels que le don d’ubiquité, l’art de projeter des images hallucinatoires et même la capacité d’inverser la nature profonde des terribles Vengeurs. Elle va être la carte maîtresse de la famille Rémassien. Elle sera avec eux, à chaque fois qu’ils auront besoin d’elle. Les investigations auxquelles ils se prêtent ne nécessitent pas son intervention, ce qui lui laissera tout le temps d’évoluer. A propos d’investigation, dis-leur bien que je compte sur eux pour qu’ils retrouvent la ceinture-bouclier, les premiers. C’est primordial ! Cela fait plusieurs années qu’elle est sous la protection d’une famille. Mais aujourd’hui, il ne reste plus que leur fille unique. Elle a le même âge que Shon. Elle se prénomme Léna. Elle a reçu la ceinture en héritage, néanmoins, elle en ignore la valeur et la puissance. Vous devez impérativement la localiser et la protéger. Je suis intimement persuadée que Torax tentera de s’en prendre à elle. Ne le sous-estimez pas ! Il est extrêmement dangereux. Je sais qu’il ne reculera devant aucun obstacle pour atteindre son but. Il veut dominer le monde des vivants et le connecter à celui des morts. Le passage entre les deux mondes serait alors ouvert, en permanence. Pour y parvenir, il sait qu’il doit me détruire. En m’anéantissant et en réduisant en miettes mon œuvre, il renie jusqu’à mon existence en tant qu’être humain. Il m’a gardée, jusqu’à présent, afin d’aspirer mes pouvoirs et mon énergie. C’est l’unique fonction du lieu où nous sommes. Il s’agit de l’Abysse. Il aspire et transmet le fruit de son labeur à son maître et créateur, mon frère. Je sens que je suis sur le point de m’éteindre. Va-t-en et dis-leur adieu pour moi !
Rickstar acquiesça d’un air grave. Il l’examina, de loin, une dernière fois. Le visage de la Grande Tora s’effaça un peu, puis disparut définitivement.
La Grande Unificatrice n’était plus. Elle était partie. En dehors du processus de réincarnation. Elle irait rejoindre l’immensité de l’Océan Blanc, source de toute énergie. L’Esprit-chien resta, un long moment sans bouger. Il était en proie au doute et à une vive émotion. Il avait le sentiment que la perte de Tora allait être un grand bouleversement pour les deux mondes. A partir de maintenant, plus rien ne serait comme avant. Ce constat ne l’apaisait pas, bien au contraire. L’avenir serait sans doute très sombre et ils devraient y faire face, ensemble.
A contre cœur, il dut se résoudre à rejoindre Shon et son père. Il n’avait pas d’autre choix. Il devrait relater les faits.
Lorsqu’il apparut dans la salle à manger, il constata qu’ils l’attendaient avec impatience. Mais il revenait seul. Ce qu’ils ne manquèrent pas de constater. Afin de répondre à leurs regards interrogateurs, Rickstar fut contraint de tout expliquer. La terrible nouvelle s’abattit sur eux, tel un éclair. Chacun prenait la pleine mesure d’un tel évènement. En son absence, tout serait beaucoup plus difficile. Et surtout, Shon serait contraint d’affronter seul le danger qui menaçait. Son père et l’Esprit-chien l’aideraient du mieux qu’ils pouvaient, mais ils ne pourraient jamais la remplacer.
D’un seul coup, le jeune chaman sentit le poids des responsabilités sur ses épaules. Avait-il toutes les qualités nécessaires pour mener à bien sa mission ? Etait-il vraiment celui qui sauverait le monde des Affantès ? Et, Léna, la gardienne de la ceinture-bouclier, la trouverait-il à temps ? Serait-il de taille face à Torax ?
Toutes ces questions l’accablaient. Il avait le sentiment d’être tout seul. Le découragement le guettait. L’Esprit d’Elaï perçut son bouleversement et surgit devant lui. Elle était là pour le réconforter. Même loin de lui, elle était capable d’éprouver les émotions de son fils. Elle lui sourit tendrement, et l’attira contre elle. Même morte, elle continuait à l’aimer. Shon pouvait le sentir. Et cela le réconforta un peu. Il se laissa aller dans ses bras ; il espérait s’y ressourcer, retrouver sa motivation et sa ténacité. Il aurait souhaité ne jamais quitter cet abri sécurisant.
Pourtant, sa mère finit par le repousser doucement. Elle lui sourit, à nouveau, et disparut aussi vite qu’elle était venue. Après son départ, le jeune garçon eut besoin de quelques minutes pour se ressaisir. Il ne pouvait pas se montrer faible alors que le sort de deux mondes dépendait de lui. Et, curieusement, cette idée ne l’effrayait pas ; au contraire, elle le stimulait. Il était conscient de ce que l’avenir lui réservait. Il devrait se battre, risquer sa vie même. Sans avoir le droit à l’erreur !
Durant l’absence de Rickstar, il avait élaboré un plan en collaboration avec son père. Certes, c’était dangereux. Et, au départ, il avait du le convaincre de le laisser agir. Mais, finalement, lui aussi s’était rendu à ses arguments. Son but était de découvrir le repaire de la ceinture-bouclier et pour la localiser, Bassou ne voyait qu’une solution : dérober à Torax le fameux Globe Universel. Lui seul en était capable. Son histoire prouvait sa valeur.
Il y avait longtemps, cette relique appartenait à la Grande Tora. Malheureusement, à l’époque où Bassou était encore un chaman, elle avait été subtilisée. En ce temps-là, Ghadès était le seigneur du Royaume des Morts et comme Torax, il se battait contre Tora. Il avait conspiré contre elle et le monde des Affantès qu’elle protégeait. En ordonnant à son émissaire, Arkhénor, de faire diversion en dévastant un village entier, il voulait être libre d’agir, sans risque. La population du village avait été quasiment décimée et les maisons toutes brûlées. Tora et ses chamans, dont Bassou, étaient intervenus pour faire cesser le massacre. Entre secourir les survivants et éteindre les incendies, ils avaient eu fort à faire. Tora avait, seule, pris en chasse le responsable. Elle avait d’abord cru à un banal combat un contre un, mais elle avait été abusée. Une armée d’Esprit-Vengeurs s’était dressée brusquement devant elle. Ils étaient des milliers et avaient su mettre à profit cet avantage numéraire. Ils avaient brisé sa force inébranlable, permettant ainsi à Ghadès de la spolier. Il avait réussi à pénétrer à l’intérieur de son repaire. Elle y conservait deux objets, symbole de son pouvoir absolu. Il s’agissait de la ceinture-bouclier et du Globe Universel. L’enjeu était de taille : voler ces deux reliques revenait à remettre en question la légitimité de son règne. Il voulait son trône. Et il était prêt à tout pour l’obtenir. Par la suite, il avait été vaincu. Mais les reliques avaient disparu. Certains les ont recherchées, sans succès. Face à un tel échec, la Grande Prêtresse ne pouvait qu’accepter l’évidence. Elle ne s’en remit jamais tout à fait.
Ce que sont devenues les reliques, nul ne le sait.
Cependant, depuis le début de son règne, Torax détenait le Globe Universel. A un détail près, il ne lui était d’aucune utilité ; le Mal était incapable de s’en faire obéir. Pourtant, il l’avait conservé jusqu’à aujourd’hui, guettant une occasion…
Bassou ignorait comment la ceinture-bouclier avait changé de propriétaire. Le hasard, une série de vols, un échange ? Toujours est-il que la jeune Léna en était devenue la gardienne, ce qui faisait d’elle une cible !
Shon expliqua à Rickstar de quelle manière il avait l’intention de récupérer le Globe Universel. L’Esprit-chien et Bassou échangèrent un long regard. L’ancien chaman refusait que son fils entre à l’intérieur du sanctuaire de Torax, seul. Il voulait qu’il soit accompagné. Rickstar le comprit et accepta. De son côté, le jeune garçon se soumit à la majorité, sans se faire prier. Il refusait de perdre un temps précieux en vaines discussions. Il était un chaman, certes, mais il savait que son père aurait toujours le dernier mot. A présent, il n’avait qu’un seul souhait : se battre, ramener le Globe Universel et ensuite localiser la ceinture-bouclier. Ce qui ne l’empêchait pas de redouter aussi une attaque contre son père. S’il le laissait seul, il serait vulnérable, une cible facile. Il se mit à réfléchir. Et finalement, il décida de faire appel à sa mère.
Sans dire un mot, il quitta la pièce et pénétra à l’intérieur du salon. Il prit le temps de l’étudier. Il devait reconnaître qu’il avait été décoré avec goût. Sur la gauche, une porte-fenêtre encadrée de voilages vaporeux couleur crème, laissait courir la lumière sur le parquet massif. En face de lui, un meuble en cerisier supportait une télévision ainsi qu’une dizaine de bibelots. En s’approchant un peu, il remarqua les animaux de la ferme, les angelots et les nains. C’était la première fois qu’il les voyait. Ce genre d’objets n’était que des ramasse-poussières ! Heureusement, il n’y en avait pas d’autre. Ces soi-disant décorations encombraient le dessus du meuble. Sur sa droite, une double porte à galandage, fermée, donnait accès au bureau de son père. Il venait de remarquer le canapé beige qui faisait face à la télévision. Il aurait pu être confortable, mais ne donnait aucune envie à Shon de s’y installer, bien qu’il fût tout proche. A ses yeux, cette pièce semblerait toujours inquiétante et sans vie. Personne n’était encore venu ici. Il n’y avait que sa mère, ils l’avaient allongée là et elle était morte. La propreté artificielle des lieux le mettait mal à l’aise. Au-dessus du canapé, des photos encadrées recouvraient une partie du mur. Curieux, il les examina. Il y avait des photos de ses parents et quelques paysages représentant des plages et des sommets enneigés. Etrangement, il ne figurait sur aucune d’elles. C’était comme s’il n’avait jamais existé. Pour se rassurer, il se souvint que c’était l’imposteur qui avait fait la décoration du petit cottage. La fausse Tora avait essayé de le faire basculer en faveur du Mal. Dans ces conditions, il aurait disparu et ses parents auraient continué à vivre comme si de rien n’était. Espérant réussir, l’Esprit démoniaque avait commencé à effacer toutes traces d’existence de leur fils.
Il frissonna et décida, comme pour briser un mauvais sort, d’ajouter toute une série de photos de son père et lui. Mais cela devrait attendre. Avant cela, il devait parler à sa mère. Pour l’appeler, il lui suffisait de penser très fort à elle. Et aussitôt, Elaï fit son apparition. Elle lui souriait. Shon était surpris, à chaque fois, de constater que rien ne changeait entre eux. Elle était restée la même : une figure maternelle emblématique. Elle aimait son fils de tout son cœur. Dès qu’il était né, la force de son amour l’avait porté et stimulé. Elle l’attira contre elle, lui caressant les cheveux puis lui demanda :
-Que se passe-t-il, mon chéri ? Dis-moi ce que je peux faire pour t’aider !
-Ca concerne papa. Je dois m’absenter. Et j’ignore pour combien de temps. Il a insisté pour que Rickstar m’accompagne. J’ai peur pour lui. Je ne peux pas le laisser seul, en ayant l’esprit tranquille. Pourrais-tu veiller sur lui, à ma place ? Je crains qu’on en profite pour l’attaquer !
-Je comprends et je partage tes inquiétudes. Mais tu devras te montrer convaincant si tu veux qu’il accepte. Tu le connais ! C’est quelqu’un de fier. Il risque de se vexer. Quant à moi, il me semble préférable d’agir au mieux pour sa sécurité, quitte à malmener son amour-propre ! Malgré tout, tu ne dois pas oublier qu’il reste ton père et que tu dois lui obéir. Ce n’est pas parce qu’il n’a plus aucun pouvoir que tu dois tout décider à sa place. Vous devrez trouver un compromis. Je resterai à ses côtés, conformément à ta demande et si jamais on l’attaque par surprise, tu peux compter sur moi pour le protéger. Au cas où, il vaudrait mieux que tu laisses des Esprits protecteurs, ici. Qu’en penses-tu ?
-Tu as raison. Je n’y avais pas songé. De cette manière, nous mettons toutes les chances de notre côté. Si tu veux, nous pouvons lui cacher la véritable raison de ta présence parmi nous. Et nous oublierons de lui parler des Capteurs. Il me suffira de bien les dissimuler pour qu’il ne puisse pas les trouver, accidentellement. Sache aussi que je n’ai pas oublié la promesse que je t’ai faite. Si je pars, c’est justement pour que papa dispose d’une protection à toute épreuve.
Elaï approuva d’un signe de la tête. Elle l’embrassa sur le front et le suivit jusqu’à la pièce adjacente. Rickstar et Bassou discutaient. Apparemment, ils n’avaient même pas remarqué son absence. Quoi de plus normal, après tout, elle n’avait duré que quelques minutes ! Lorsque son père remarqua l’Esprit de sa femme, il s’immobilisa aussitôt et se tut. Son mutisme, pourtant, ne trompa personne. Il avait compris pourquoi elle était là. Il se contenta de regarder les deux complices, tour à tour. Ils évitèrent simplement ses yeux accusateurs et baissèrent la tête, coupables.
Attendant un orage qui ne venait pas, Shon finit par s’éloigner. Avant de partir, il devait invoquer des Capteurs pour la défense de son père. Les Esprit-éléments de l’eau, du feu et de la terre furent rapidement rassemblés. Certains se dissimulèrent dans les placards de la cuisine, d’autres sous les lits, d’autres encore à l’intérieur des figurines du salon. Ils attendraient ainsi jusqu’à son retour. Ils étaient prêts à intervenir, si nécessaire. Mais, pour le moment, ils devraient rester invisibles. Shon se rendait bien compte que leur stratagème, un peu médiocre, l’avait blessé. Il n’avait pas voulu ça, pourtant. Dès qu’il se fut ressaisi, il décida qu’il était temps de partir. Il fit un signe à Rickstar et tous deux s’éloignèrent, sans se retourner, en direction du jardin. De là, ils s’envolèrent si haut dans le ciel qu’ils devinrent invisibles.
Se retrouvant seul avec sa femme, Bassou soupira bruyamment, secouant la tête d’un air mécontent. Il désapprouvait l’attitude paternaliste de son fils et ne comprenait pas pourquoi elle le laissait faire. Malgré tout, il leur en était reconnaissant. Il savait qu’ils tenaient à lui, l’un comme l’autre. Autrefois, c’était lui le protecteur, le défenseur ; aujourd’hui, il se retrouvait sur la touche. Il pourrait toujours partager son expérience avec lui mais sa tâche s’arrêterait là. Il devait s’y résoudre. Il attendrait leur retour. Il n’avait plus que ça à faire. Au moins, Elaï lui tiendrait compagnie ! Il était parfaitement conscient des risques que Shon prenait pour lui. Et cela lui était insupportable. Pour passer le temps, il partit dans le salon, alluma la télévision et s’installa dans le canapé. Elaï le rejoignit. Elle s’assit par terre et posa sa tête sur les genoux de son mari.

Pendant ce temps, Shon et Rickstar survolaient une forêt de sapins. Ils étaient en route pour le passage qui les mènerait jusqu’à Thanatosis. Les kilomètres défilaient et les heures passaient sans que ni l’un ni l’autre n’ose parler. Tous deux savaient qu’en se rapprochant de l’Autre-Monde, ils ne manqueraient pas de subir au moins une attaque. Ils se tenaient, par conséquent, sur leurs gardes. La tension était palpable. Seul le chuintement de l’air raisonnait à leurs oreilles et brisait le silence entre eux. La vitesse à laquelle ils se déplaçaient n’avait rien d’humaine. Shon en ressentait une certaine exaltation, qui se mariait mal avec l’air concentré qu’il affichait. Il n’en revenait pas de tout ce qu’il était capable de faire ! Etait-ce un rêve inconscient ? Le vol lui procurait une sensation de liberté sans pareil. Il se sentait heureux. Il ne voulait pas montrer ce qu’il ressentait vraiment, de peur d’avoir l’air d’un enfant. L’instant était grave mais il ne parvenait pas à oublier pour autant son plaisir de voler.
Tout à coup, quelque chose changea dans l’atmosphère. Le vent se leva et un cri rageur résonna à quelques mètres d’eux. Shon en chercha l’origine et le vit : un corps humain recouvert de marbrures, vêtu de vêtements déchirés et sales, avec un regard malfaisant. Il volait lui aussi. Ce qui signifiait qu’il n’était plus tout à fait un Affantès. Et il fonçait droit sur eux. Sa nature mystérieuse n’intéressait pas vraiment le jeune chaman. Il était simplement la preuve qu’ils n’étaient plus très loin de l’entrée du Royaume des morts. De plus, il considérait que quiconque s’en prenait à lui ou à ses proches devait absolument être mis en échec. Peu importait, finalement, qui il était ou même ce qu’il était !
Rickstar, lui, le savait. Cet être rugissant était un Combiné ; autrement dit une créature à deux composants. Le corps d’un mort avait été utilisé afin de servir de contenant à un fragment de Torax. A voir la manière dont il se ruait sur eux, il n’y avait aucun doute : il avait l’intention de les exterminer. Torax avait constaté que Shon était incorruptible ; il avait donc décidé d’en finir avec lui, ou tout au moins d’essayer. Il voulait voir ce dont le jeune chaman était réellement capable, alors qu’il l’avait privé de Tora et de sa mère. Il avait besoin de vérifier qu’il l’avait effectivement affaibli. Le Combiné s’élançait tel un rhinocéros ! Il en avait la force brute, la sauvagerie. Mais au lieu de les percuter violemment, il se heurta à un bouclier invisible. La créature recula de quelques mètres, secoua frénétiquement la tête et reprit l’assaut. Encore et encore. Le bouclier résistait toujours. Quelque soit l’angle d’attaque choisi, par le haut, par le bas, sur les côtés, en vrille, … rien n’y faisait. Devant tant d’entêtement, Shon se moqua de lui. Le bouclier, que Rickstar avait dressé, lui donnait un sentiment de sécurité inébranlable. Hors d’atteinte, sa supériorité ne faisait aucun doute et il ne craignait pas de le lui faire savoir.
Mais le petit jeu qu’il jouait à ses dépens ne fut pas du goût du Combiné. Pur concentré de haine, à l’image de Torax, il laissa éclater sa rage. Il devait faire taire ce gamin détestable et présomptueux ! Son ventre s’ouvrit en deux et une armée de Vengeurs en sortit. Elle se rua, aussitôt, sur la bulle protectrice. Bien loin de la détruire, la horde se retrouva prisonnière à l’intérieur. L’arme passive s’était reformée autour des Esprits démoniaques dès qu’ils l’avaient percutée. Ce n’était pas encore assez pour en finir avec eux. A l’instar d’un shaker, la sphère s’agita dans tous les sens, durant une vingtaine de minutes. La masse ainsi constituée se déversa sur le Combiné. Surpris par la tournure des évènements, celui-ci resta sans réaction. Il explosa en absorbant la quantité d’énergie vibratoire et chaotique. La dépouille mortelle fut réduite en cendres, alors que l’infime partie de Torax disparut rejoindre son tout.
Rickstar avait réussi à s’en débarrasser sans aucune aide. Il voulait ménager Shon, en attendant de franchir le passage. Le jeune chaman aurait alors besoin de toutes ses forces et de tout son courage pour affronter ce qu’il y avait de l’autre côté.
Ils pouvaient poursuivre leur route, désormais. Ils pensaient trouver une porte, un accès qui existait par lui-même, indépendamment de tout le reste. Malheureusement, leur quête s’éternisa, sans avoir rien trouvé de tel. Shon se mit alors à réfléchir ; utilisant les données dont il disposait sur cet autre monde. Et soudain, il comprit. S’il voulait y entrer, il devait mourir. Il lui fallait quitter son enveloppe de chair et devenir simple conscience. Son corps devrait être occupé par son ami. Cela était nécessaire pour deux raisons : d’abord, le jeune chaman ignorait la durée de son séjour là-bas et si cela durait trop longtemps, son corps abandonné dépérirait. Mais, ce n’était pas tout. Il avait fait une promesse à Rickstar, le jour de leur rencontre. Il devait l’aider à retrouver sa maîtresse, afin de pouvoir communiquer avec elle. En lui cédant son corps, son ami pourrait agir comme il l’entendait. Il serait à nouveau en vie ! Et il pourrait ainsi l’aider à « faire son deuil ». Seul un chaman était capable de localiser les Etres en peine, ceux qui pleurent un disparu. Ils laissent derrière eux une sorte de fil d’Ariane. Leur chagrin les égrène peu à peu et altère leur vie à tout jamais.
L’Esprit-chien avait hâte de revoir sa maîtresse mais il ne pouvait ignorer ce que le jeune garçon s’apprêtait à faire. Même si, effectivement, il n’y avait pas d’autre solution, le savoir seul sur le territoire de Torax lui déplaisait fortement.
Shon était bien décidé à agir, pourtant. Avant de s’évanouir, il lui demanda de passer au cottage afin de vérifier que tout allait bien pour son père. Le jeune chaman s’allongea par terre. Ils étaient dans une petite clairière. Calme, silencieuse, la végétation luxuriante invitait au repos ; sans peur. La mousse mélangée à la terre brune formait un lit assez épais pour être confortable. Il fixa le ciel, inspira et expira une dernière fois, profondément et lentement. Dès qu’il eut fermé les yeux, son corps se détendit et Shon put enfin s’en échapper. Devenu pur Esprit, une trappe apparut et l’aspira. A présent, il était seul, livré à lui-même. Les dangers qu’ils devraient affronter là-bas auraient raison de lui, s’il ne se montrait pas à la hauteur.
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le Mer 25 Mai 2016 - 15:04
salut apres une longue absence j ai été impatien de me reconnecter pour lire la suite et franchempent j adore j ai vraiment l impression de me retrouver a la place du perso principale j ai hate de lire la suite ^^ bonne continuation
Very Happy Very Happy
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Kouhai
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le Mer 25 Mai 2016 - 21:53
Merci beaucoup Jackloft25 ! Ton message me fait très plaisir !
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