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fred22e
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Un ramassis de sentiments.

le Jeu 23 Oct 2014 - 9:30
Coucou.

Comme le titre le dit, c'est un ramassis de sentiments. Pleins de textes et d'autres trucs que j'écris.

Et pis voilà quoi... c'est ça. ^^

Voilà d'abord un petit texte que j'ai écrit il y a un bon moment déjà...
Spoiler:
Oui c'est vrai, je pense encore à toi. Un peu, parfois plus. En fait tu m'a toujours attirée. C'était comme si cette attirance était faite pour être là, était naturelle. Tu vois, moi qui comprend tout, sur ça j'ai pas été foutue de comprendre. J'ai toujours pas compris. Je t'ai aimé, vraiment. Peut être seule, peut être que ça été réciproque, je sais pas. Chaque fois que tu souriais, c'était comme si mon monde s'illuminait. Le son de ta voix m'a fait frissonné plus d'une fois. Je sais pas pourquoi, en fait je saurai jamais. Tout ce que je t'ai écrit, tu n'imagine même pas. Les pages que je t'ai dédié, je ne les aient même pas comptées. Je l'ai ai toutes brûlées. J'ai peur, beaucoup trop peur. De ta réaction, certainement. Ce que tu en dirais. Non, c'est pas ça idiot! J'ai peur de ne pas entendre un Je t'aime en retour. Oui, c'est ça. Tu sais, j'arrête pas de dire c'est bon, je l'aime plus. C'est passé, il ne me fait plus rien. Mais parfois, quand je te vois, ça me prend comme ça, je te trouve magnifique. Malgré tout ce que t'a pu faire, les conneries que t'a enchaînées, le mal que tu m'a causé. Ça t'étonne? Moi aussi. J'ai jamais voulu t'aimer, vraiment. J'aurais préféré te détester de tout mon âme. Mais ça n'a pas fonctionné, cupidon m'a joué un sale tour. Je crois bien que, dans un recoin de mon coeur, tu aura toujours ta place. Tu as ce petit quelque chose qui me rend faible, qui me rend vulnérable. Je ne crois pas t'aimer encore, c'est pas comme c'était. J'ai plus ces papillons incessants dans le ventre chaque fois que je te vois, je ne sens plus mes joues prendre en feu lorsque tu m'observe, je ne ressens plus les ailes que l'amour est censé nous donner. Sauf qu'il y a toujours un 'mais' dans mes histoires, dans ma vie, et toi tu es ce 'mais' qui refuse de me laisser partir. T'a encore ta place dans mon coeur, c'est moins fort qu'avant je te le cacherai pas. Mais t'es toujours là. En fait, tu sais pourquoi c'est moins fort? Parce que tu m'a piétiné le coeur innoçament, sans t'en rendre compte. Puis un jour mon coeur, il en a eu marre. J'aimerais te piétiner le coeur comme tu me l'a fait. Mais de l'autre côté, je sais que si tu me disais 'Je t'aime' avec tes yeux noisettes dans les miens, je ne pourrai jamais te dire non. Malgré tout ce que tu m'a fait, je ne pourrais pas. Tu m'énerve parce que parfois mon bonheur pourrait dépendre de toi. Mais j'ai décidé que plus jamais tu ne me ferais ça. En tout cas, je vais essayer. Je ne t'aime plus. Plus autant qu'avant. Ça sonne faux? Oui, je sais.

_____________

Préface:
Spoiler:
Cette sensation… c'est étrange, comme si je flottais, comme si j'étais une petite bulle de savon qui s'envolait loin dans le ciel. Cet endroit me semble si familier… cette porte la-bas, ce grand chêne juste à côté de ces grandes marches de marbre, ce soleil timide d'octobre, ces feuilles qui dansent partout autour de moi… oui, cet endroit m'est réellement familier, tout en m'étant complètement inconnu. Tout à coup je marche sans le vouloir, et me retrouve sur ces escaliers de marbre que je regardais pourtant de si loin il y a de cela quelques secondes à peine. J'ai l'impression que quelqu'un est aux commandes de mon propre corps. Puis je vois une femme sortir de l'immeuble derrière moi. Encore cette impression… est-ce que je la connais? Non, je ne pourrais dire le nom de cette femme, mais cette fichue impression de la connaître ne me quitte pas. Lorsque je la regarde à nouveau, elle est vraisemblablement juste devant moi. Elle me sourit naturellement, et sans même le vouloir je sens mes lèvres lui rendre ce sourire.
- Bon! Aiko tu peux m'attendre ici, je serai de retour dans dix minutes, quinze au plus tard, me dit-elle en me donnant une petite tape sur l'épaule.
Mes lèvres bougent seules une fois de plus et forment un nouveau sourire à mon insu.
- Allez va Marika! Je te revois dans quelques minutes alors.
Marika… j'ai prononcé ce nom sans même le connaître. C'est comme si j'étais la spectatrice de quelque chose, de tout ça, mais en étant dans mon propre corps. Qu'est-ce qui m'arrive? Marika me sourit une dernière fois et part en direction de sa voiture. Dix à quinze minutes… je vais m'asseoir et attendre. De toute façon je n'ai aucune idée d'où je suis et où aller. L'automne qui se dévoile devant mes yeux est si majestueux… toutes ces couleurs qui se mélangent ensemble avec tant d'harmonie, les quelques rayons de soleil qui réussissent à percer les nuages gris qui encombrent le ciel, l'odeur des mille et unes feuilles souillées par l'eau, tout me semble plus beau. Lorsque je tourne la tête, je vois un garçon s'approcher de moi. Encore cette sensation. Il est grand, a de magnifiques cheveux bruns bouclés, des yeux bleus clair à se noyer dedans, et un sourire… le genre de sourire qui empêcherait quelqu'un de suicidaire de se jeter d'un pont. Sans trop savoir pourquoi, ce qui me marque le plus de lui est sa tuque rouge vive. Mais bon sang, qui est-ce? Arrivé face à moi, il me sourit timidement et me regarde droit dans les yeux.
- Ryūji? Qu'est-ce que tu fais ici?
- Salut, Aiko. Je suis désolé, mais je devais absolument te parler.
Ryūji…. Donc c'est son prénom. Intéressant.
- Je t'écoute.
- Je crois que ça serait plus simple si je te disais tout après ça….
Sans vraiment me prévenir, il me prend le visage à deux mains et s'approche doucement de moi tout en fermant les yeux. Il dépose finalement un doux baiser sur mes lèvres, et je sens mon coeur rater un battement. Il se décolle lentement de moi et me regarde une fois de plus dans les yeux.
- Aiko…

-----------

- AIIIIKOOO!! Aiiiiiiiiiiiiiiikooooooo….
- Hein?!
- Tu rates vraiment tout le cours là…. Me chuchote Asuna.
- Ah ouais désolé, j'ai pas vraiment dormi la nuit passée… merci de m'avoir réveillée.
Ce rêve… il y a si longtemps que je l'ai fait… pourquoi revient-il maintenant?

Chapitre Un:
Spoiler:
L'eau circule librement sous mes pieds pendants dans le vide. Un doux et froid vent souffle sur mon visage et fait valser mes cheveux dans tous les sens. Pourquoi ce rêve après tant d'années? C'est comme un chewing-gum qui nous colle aux baskets. Peu importe ce tout ce qu'on fait pour l'enlever, il y a toujours un petit bout qui reste collé. Avec le temps on ne s'en aperçoit plus, mais un jour, par hasard on regarde en dessous de notre chaussure et on voit qu'il est toujours là ce petit morceau, il s'accroche à notre semelle, se fait discret mais parfois c'est inévitable, on se rend compte de sa présence à nouveau. Ryūji c'est carrément un chewing-gum. Et ça m'énerve. Je ne l'ai pas vu depuis cinq ans et pourtant ce rêve revient sans raison. Les sentiments que j'ai précieusement gardés pour moi reviennent me hanter avec. C'est pour ça que je suis venue sur ce petit pont, pour me calmer et essayer d'oublier tout ça quelques instants. Entre temps il s'est mis à pleuvoir un peu, mais je n'ai pas envie de m'en aller. Le soleil s'est couché il doit bien y avoir de cela trente minutes. Malgré la noirceur, les couleurs de l'automne me réchauffent le coeur. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais toute ma vie j'ai eu l'impression que personne n'arrivait à me comprendre réellement. Les gens sont tous si futiles à vouloir plaire à tout le monde. Ils en oublient même qui ils sont. Les gens ont peur de la solitude. Moi je la recherche. Je n'ai pas envie de plaire aux gens. On pourrait dire de moi que je n'ai pas beaucoup d'amis. Dans une foule, je suis celle qui est toute seule dans un coin à lire pour la centième fois son roman de Katherine Pancol. Je suis celle qui ne parle pas vraiment, mais qui observe. À quoi bon tout faire pour être remarquée? On m'a toujours dit que je n'étais pas facile à comprendre. C'est vrai… je suis un paradoxe ambulant. C'est pour ça que j'ai toujours été solitaire. Je ne me comprend pas moi-même, alors je ne veux pas réellement que les autres essaient de me comprendre. Deux personnes ont réussis à forcer leur chemin vers moi. Il y a Asuna, ma meilleure amie. Et il y a eu Ryūji. Mais bon… au moment où j'ai cru que j'étais vraiment importante à ses yeux il m'a lâchement abandonnée et je ne l'ai plus jamais revu. Fichu chewing-gum pas foutu de partir. Tiens, la pluie commence à tomber de plus belle. Mon manteau est maintenant tout trempé et mes cheveux collent à mon visage. Encore un peu et je m'en vais. J'attraperai la crève, je m'en fiche. Soudainement, les gouttes d'eau arrêtent de tomber sur ma tête et je sens une étrange présence juste derrière moi.
- T'es toujours aussi tête en l'air… Tu veux te choper une merde ou quoi Aiko?
Comme pour être certaine que je n'hallucine pas, je tourne la tête lentement avant d’apercevoir quelqu'un, debout, tenant un parapluie au dessus de ma tête d'idiote.
- R-ryūji…?
- J'ai tant changé que ça? Me demande-t-il avec son magnifique sourire.
Ce fichu sourire.

***

- Voilà tu sais à peu près tout maintenant, soupira Ryūji.
Il fixait maintenant sa tasse de thé, visiblement gêné. Je n'ai pas su lui répondre, complètement perdue entre la colère qui m'a tenu compagnie durant ces cinq dernières années et le bonheur d'enfin le revoir. Je ne sais même pas pourquoi je l'ai suivi jusque dans ce petit café. Visiblement je n'étais pas prête à avoir cette conversation avec lui, étant toujours sous le choc de l'avoir revu si soudainement. Et puis c'est sa faute aussi, disparaître comme ça puis réapparaître sans s'être fait invité! C'est ça le problème avec tout le monde; on s'attache, on s'attache jusqu'à ce que nos racine s'entremêlent et soient complètement indénouables. Puis un jour, il y en a un qui en a marre, donc il se barre sans essayer de dénouer les racines… du coup il fait que tirer dessus jusqu'à les arracher. Et ça fait mal, parce qu'il part avec nos racines à nous aussi. Seulement, on se retrouve avec plus rien du tout, reste plus qu'un tout petit bulbe, et notre minuscule coeur qui saigne. Oh, avec le temps on guérit, le bulbe grandit et nos racines recommencent à pousser et cessent de brûler. Les miennes elles viennent tout juste d'arrêter de faire mal. Quand Ryūji est parti sans essayer de dénouer nos liens, je me suis promise de ne plus jamais laisser mes racines s'entremêler à celles de quelqu'un d'autre.
- Je veux seulement que tu saches que je ne te pardonne pas, Ryūji.
- Oh, je sais… Je ne te disais pas tout ça pour que tu me pardonnes. Je voulais seulement que tu saches. Tu sais, je tenais vraiment à toi. Je ne t'ai pas oubliée ces cinq dernières années, et surtout pas remplacée. J'ai fait une énorme bêtise en partant sans te dire au revoir, même moi je ne me le suis toujours pas pardonné. J'ose seulement espérer qu'on puisse rattraper un peu de temps, parce que tu vois, tu m'as vraiment manqué Aiko.
En disant mon nom, il relève la tête et me regarde dans les yeux pour la première fois de la soirée. Je ne pensais jamais revoir ces yeux un jour. J'ai envie de lui dire qu'on peut rattraper ces cinq années, que moi aussi je tiens à lui et qu'il m'a parfois manqué plus que je n'ai voulu me l'avouer. Seulement, je lui en veut, et dieu seul sait à quel point je lui en veut!
- Je ne crois pas qu'en ce moment on puisse rattraper du temps… toi c'est facile, tu pars et tu reviens quand ça te chante dans ma vie, sans préavis, sans même cogner à la porte. Tu défonces tout en croyant que ça va. Mais moi tu vois ça ne me va pas, alors pour l'instant je n'ai pas envie que tu reviennes dans ma vie et crois moi j'en suis réellement désolée.
- Aiko…
Sans un mot de plus, je sors de ma poche un dix dollars que je laisse sur la table et sors du café en coup de vent. Ce n'est pas que je le déteste, mais présentement rien de tout ça n'est naturel. J'aimerais réellement pouvoir recommencer là où on avait laissé les choses, mais je sais que je n'y arriverais pas. Qu'il comprenne ou pas, je m'en fiche. Il m'attendra si le coeur lui en dit, sinon, tant pis… je l'ai déjà perdu une fois, ça serait quoi une fois de plus? Et puis qu'est-ce que je raconte… au moment même où je l'ai vu derrière moi, avec ce sourire idiot au coin des lèvres, j'avais déjà laissé nos racines s'entremêler à nouveau….


Dernière édition par fred22e le Lun 19 Oct 2015 - 5:24, édité 1 fois
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Manu
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Ven 24 Oct 2014 - 0:07
Sympa tout ça. =)

Ca me rend curieux. Peut-on avoir la suite s'il te plait ? =)
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fred22e
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Sam 25 Oct 2014 - 19:24
Merci Manu =) la suite est en cours d'écriture justement, dès que c'est à peu près à mon goût je vais la poster ^^
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Manu
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Sam 25 Oct 2014 - 21:28
Ca marche =)
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GAYA TAMERON
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Ven 6 Fév 2015 - 13:35
Ton style m a bien accrochée, et ton histoire aussi! Bravo tu as du talent! Une corde de plus à ton arc! J attends avec impatience la suite!
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fred22e
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Mer 4 Mar 2015 - 4:16
Ohhh je viens de voir ça! Merci Gaya =)

J'en profite pour laisser un petit texte que j'ai écrit y a un an ou un peu plus;
Spoiler:
Au fond j'ai compris que la vie était comme un combat de lutte; c'est elle contre toi. Y a des rounds, un perdant et un gagnant. Elle t'attaques, tu ripostes. T'évites quelques coups, puis tu t'en prends un en plein visage; ça fait mal. Tu te relèves, l'arbitre demande un Open. Tu reprends un peu de forces, puis ton adversaire, cette vie, revient par derrière sans que tu ne t'y attende et te fais une mise à terre. T'en as marre, tu veux abandonner. Plus que trois secondes avant qu'on ne déclare la vie gagnante. Tes deux épaules sont collées au tapis. Tu la regardes dans les yeux. Avec le peu de force qu'il te reste tu dégages une épaule. Plus que deux secondes. Tu réussis à te relever puis colle ton adversaire au sol. Tu la frappes au visage, lui colle à ton tour les deux épaules au sol. Dans un soupir presque inaudible, elle abandonne. Plus qu'une seconde. Tu as gagné. Pas par forfait. Parce que tu t'es battu. Tu vois ce que tu ressens? C'est ça le bonheur. Chaque combat à son perdant, c'est à toi de décider si tu veux gagner ou si tu laisses la vie te détruire sans riposter...

Et un plus récent;
Spoiler:
Prétendre. Faire semblant d'être heureux. Faire semblant que rien ne nous atteint. Faire semblant d'être celle qui n'est blessée par rien. Faire semblant qu'on a un coeur de pierre. Faire semblant de n'avoir besoin de rien ni personne. Faire semblant de sourire. Faire semblant qu'on est bien avec le peu qu'on a. Faire semblant de vivre.

Endurer. Supporter les critiques. Supporter les jugements. Supporter la méchanceté gratuite. Supporter les insultes alors qu'on est gentil. Supporter les problèmes des autres. Supporter des problèmes qui ne sont pas les nôtres. Supporter la vie.

Ils croient qu'on est aussi heureux qu'on le laisse paraître. Mais la vérité c'est qu'on ne l'est pas. Tout nous atteint. À un point tel qu'un infime geste peut gâcher notre journée. On est blessés par tout. On a pas un coeur de pierre. On a un coeur de verre vraiment fragile. On a besoin de quelqu'un. Besoin que quelqu'un daigne nous écouter. On souris sans vraiment y croire. Sans sincérité. Juste parce que sourire, c'est devenu un automatisme. Le peu qu'on a, parfois on en souhaite beaucoup plus. On ne vis pas, on survis.

On endure sans dire un mot. Les critiques qui nous détruisent. Les jugements qui ne sont pas fondés. On ne dit rien, on se tait et on empile. La méchantée qu'on n'arrive pas à comprendre. On essaie de plaire à tout le monde mais rien n'y fait. On est comme un punching bag aux yeux des autres. Un gros punching bag qui peut prendre bien des coups. On endure les insultes quand on a rien dit. Les problèmes des autres quand on arrive même pas à résoudre les nôtres. Ils nous attendent le soir quand on arrive dans notre appartement vide, l'air de dire ''hé toi, je t'attendais''. On endure la vie qui nous fais tomber toujours un peu plus bas, qui donne des coups alors qu'on est déjà K.O.

Mais on ne dit rien. On se lève le matin en se demandant si aujourd'hui pourrait être différent. On saute dans la douche et on s'habille d'un grand sourire hypocrite. Mais on ne se l'avoue pas. On se dit qu'on sourie parce qu'on est heureux. Les gens heureux, ils sourient non? On barre la porte et on sort dehors. On s'en va bosser. On rigole, on complimente, on salue, on écoute. On est là pour les autres. ''Alors, la forme?''. Oui. Oui, ça va super bien. On leur lance notre baratin habituel auquel ils croient avec une facilité déroutante. On prend un café. On bosse encore. La journée est terminée, on prend nos clefs et on rentre chez nous. On se laisse tomber sur le sofa et on s'ouvre une bière. ''Enfin fini''. Tout seul on a plus besoin de prétendre. On ferme les yeux et on se dit que tout va bien. On repense aux confessions de nos amis. On essaie de résoudre leurs problèmes de bon coeur. Pour se sentir un peu mieux. On réussis. On s'ouvre une autre bière. Et là, la porte de la chambre s'ouvre. ''On t'attendait...'' nos problèmes. Seuls avec nous. On les regarde en les balayant du revers de la main. '' J'ai souris aujourd'hui, alors je suis heureux''. Ouais, c'est ça.

Si ça intéresse quelqu'un x)
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GAYA TAMERON
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Mer 4 Mar 2015 - 11:44
Encore bravo, ton style est incroyablement mâture pour quelqu'un de si jeune! Tu as une vraie sensibilité d'écrivain!
J’aime beaucoup ton réalisme acéré, ta façon d'abaisser les faux semblants et de révéler ce qui se cache derrière le masque que chacun nous portons! Bravo, si un jour tu veux écrire une histoire à quatre mains, je me ferais une joie de participer si tu le veux! A moins que tu n’aies d’autres projets ....
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fred22e
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Mer 4 Mar 2015 - 21:40
Ahhh merci beaucoup, ça fait super plaisir à lire =) On s'est toujours étonné en sachant mon âge après avoir lu mes textes... on va mettre ma maturité sur le dos des épreuves que la vie m'a envoyée quand j'étais encore très jeune Wink

Et oui ça pourrait être super intéressant, j'ai lu tes écrits, et bien que ton style soit complètement différent du mien ils peuvent être complémentaires en quelque sorte... Mister Green

En fouillant j'ai aussi trouvé celui-là. J'hésitais à le mettre vu qu'il est vraiment personnel mais bon, quand on écrit on se met à nu comme on dit Mister Green

Spoiler:
C'est les soirs de pluie, dans le noir et la chaleur de mon lit que je pense à toi. Que ton souvenir revient me hanter, comme si la lourdeur de ces gouttes qui tombent dehors ouvraient à nouveau cette cicatrice que ton départ à laissé sur ma peau il y a déja 5 ans. C'est quand je tombe sur une photo de toi dans mes vieux albums cachés au fond de l'armoire, une photo de toi qui sourit avec tes yeux pétillants de vie que je repense à la journée la plus difficile de ma vie. Quand le silence me tient compagnie, ça me prend comme ça et j'essaie tant bien que de mal de retenir ces larmes de rage qui ne demandent qu'a dévaler mon visage. On dit toujours que le temps apaise les souffrances... C'est vrai en quelque sorte. Avec les années j'ai commencé à réussir à vivre sans ta présence près de moi. Mais quand je suis toute seule, que je ferme les yeux et que je fais le vide... c'est là que mon coeur se serre, que je me rappelle avec une douleur indescriptible que tu n'es plus là. Que je me rappelle que je ne peux pas t'appeller pour te demander comment ça va. Qu'en revenant à la maison je ne peux pas te serrer dans mes bras. Qu'en allant dormir je ne peux plus te dire bonne nuit et que je t'aime gros comme le ciel. Que je ne peux pas savoir plein de choses sur toi que j'ignore. Que tu ne peux pas me demander ce qui ne va pas quand je pleure. Que je ne peux pas te poser tout plein de questions. Que je ne peux pas savoir quels sont mes points communs avec toi. Que je ne peux pas te demander si tu es fier de moi. Que je ne peux plus entendre ta voix, ton rire, les chansons que tu fredonnais tôt le matin. J'aurai aimé t'avoir près de moi un peu plus longtemps. Avoir un peu plus de temps pour tout savoir sur toi. Pour que tu vois ce que je suis devenue. Je crois que tu vas me manquer toute ma vie, je crois que j'aurai toujours ce point au coeur qui se resserre parfois très fort. Papa, la vérité c'est que parfois j'oublie le son de ta voix et ça me fait peur... Puis ton visage m'apparaît et ça me fait sourire et me chatouille le coeur.
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GAYA TAMERON
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Jeu 5 Mar 2015 - 12:30
Je comprends ce que tu veux dire, c’est vrai que la souffrance et les blessures laissent des traces dans notre coeur et notre âme! C’est aussi comme cela que j'écris! Cet autre texte est très beau, ton style ressemble a de l’ecriture automatique, tant il est fluide comme une pensee! Bientôt je posterai un autre début de roman, tu verras le style et le genre sont différents, son titre c’est le Daimon.
Tu aimerais écrire plutôt quel genre? J’ai plein de projets en cours: des histoires toutes fantastiques mais teintées de sf, d'écologie,  de politique, philosophie..... Si ça t'intéresse, je pourrais t'envoyer une liste de mes textes, avec un résumé de chacun, pour te donner une petite idée de ce que je fais!
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Lun 19 Oct 2015 - 5:11
Oh Gaya, j'avais pas vu ton message! Mais si tu vois ça, bien sûr que ça m'intéresserait. Smile 

Et sinon je passais ici pour déposer une série de trois textes qui dépeignent un personnage que j'ai inventé. J'ai fait ça bizarrement, mais bref. Le premier dépeint un peu son physique, le deuxième sa personnalité et le troisième son histoire.

#1:
Chaque nuits je la vois là bas. Je la vois passer, lentement, doucement, comme une ombre. J'ai même l'impression qu'elle vole, parfois. À chaque fois, j'ai l'impression qu'elle a le poids du monde qui pèse sur ses épaules. On dirait qu'elle ne le sait pas. C'est étrange, tu sais. Elle marche droitement, fièrement, mais parfois on dirait qu'elle baisse sa garde et ses épaules s'affaissent. Un peu comme si la vie mettait un peu plus de poids, comme pour dire «hé je suis là».

Le froid vent de Décembre fait onduler ses cheveux pourtant si raides sur ses frêles épaules. À chaque coup de vent, on voit une couleur différente. On dirait qu'elles éclairent la nuit. Un peu comme si cet arc-en-ciel qu'elle a dans les cheveux était la seule chose qui lui permettait de ne pas se perdre dans toute cette obscurité. Un peu comme si, sans ça, on ne pouvait pas la voir. Ça me donne envie de pleurer. C'est comme si elle avait essayé de mettre de la couleur sur une toile en noir et blanc. C'est comme s'il y en avait, mais qu'on arrivait pas à les distinguer. Comme si, peu importe le nombre de couleur qu'elle ajoutait, on ne voyait toujours que du noir et du blanc.

Ses vieux docs tout pourris traînent à chaque pas qu'elle fait, et j'ai l'impression qu'elle a envie de s'effondrer là, maintenant. Pourtant elle continue d'avancer, comme si elle n'avait pas le choix, comme si c'était tout ce qu'elle savait faire. La pleine lune se reflète sur sa peau de porcelaine toute trouée. Un peu comme si elle avait voulu trouer autre chose que son coeur, un peu comme si elle avait voulu que personne ne remarque.

Ses grands yeux roses me regardent comme si je n'existais pas vraiment. Et je me demande pourquoi elle cache ses jolis yeux bleus. Et après je me souviens que c'est parce qu'elle ne veut pas qu'on voit en elle. Parce qu'elle croit que nos yeux ce sont comme des fenêtres. Et si on regarde par ces fenêtre, on peut voir l'âme des gens. Mais Kendall elle ne veut pas qu'on voit son âme toute usée. Kendall elle veut qu'on ne voit rien. Elle veut cacher ces yeux fatigués par le temps, faire comme si rien n'était jamais arrivé.

Son t-shirt trop grand flotte au vent. On dirait presque c'est son âme qui essaie de s'en aller. Comme si elle voulait aller se perdre dans la nuit. Ses bas troués et dépareillés recouvrent ses fines jambes. Un peu comme si elle essayait de se réchauffer sans vraiment le vouloir. Un peu comme si elle essayait de chasser cet hiver qui s'est installé en elle un soir de Décembre.

Et Kendall elle rit. Elle rit beaucoup. Et plus elle rit, plus j'ai l'impression de voir une poupée de porcelaine en train de se casser. Et puis une larme coule le long de sa joue. Elle rit, Kendall. Mais à l'intérieur, elle se noie tranquillement. Lentement. Toujours.

Parce que c'est la nuit qui la rend si belle.

#2:
« Petit Papillon 
S'en va chercher la mort
Pour lui dire deux mots, 
Donne-moi mon passeport
 »

Un petit papillon meurtri. Meutri par la vie et toutes ses conneries. C'est un petit papillon à qui on a arraché les ailes. Mais qui essaie quand même de voler. Un petit papillon qui ne sait pas où aller, qui est perdu quelque part entre le soleil et la lune. Un petit papillon magnifique, mais tellement fragile. Qui s'enferme dans un cocon d'illusions. Un petit papillon qui ne veut rien voir si ce n'est que d'éphémères souvenirs. Des souvenirs qui l'emmène vers une utopie sépulcrale. Et le petit papillon essaie de voler. Infiniment. Mais le petit papillon agonise, agonise tellement fort. Alors il recoud ses ailes, le petit papillon. Il rattache tous ses morceaux et essaie encore.

« Et dans son sac-poubelle
La mort la trouve tellement belle
Elle lui roule une grosse pelle
Lui jure un amour éternel
 
»

Elle a toujours l'air un peu perdue, Kendall. Ses yeux regardent quelque chose que l'on ne voit pas. Elle a l'air ailleurs. Et ce quelque part à l'air loin, tellement loin. Elle fait semblant de ne rien comprendre. Elle a l'air un peu stupide, Kendall. Mais elle ne l'est pas vraiment. Elle fait semblant parce que c'est le seul moyen qu'elle a trouvé pour ne pas disparaître dans cette noirceur. Ne pas comprendre et faire comme si. Comme si tout allait bien. Comme si rien n'existait. Comme si sa vie n'était qu'une bête illusion. Pour se dire qu'elle allait se réveiller bientôt. Pour se faire croire qu'il y avait une porte de sortie quelque part. Alors oui, Kendall elle est ailleurs, oui parfois elle ne vous écoute pas vraiment, oui elle fait semblant presque tout le temps. Mais si elle le fait, elle le fait pour ne pas claquer, Kendall.

« Petit Papillon, 
Jamais tu ne mourras
Tu es à moi, je suis à toi 
Tu n'as pas le choix
 
»

Kendall elle sourit toujours. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle le fait. Elle a l'air heureuse souvent, Kendall. Mais quand on s'approche, on voit que son sourire il pleure. Il pleure beaucoup, son sourire. Il crie «à l'aide». Silencieusement. Tout bas. Comme si elle voulait qu'on l'entende, mais pas trop. Juste un peu. Alors nous aussi on fait comme si. Comme si Kendall elle était heureuse. Comme si Kendall elle n'était personne. Comme si on avait pas vu toute la détresse dans son sourire fissuré qui refuse de s'effacer.

« Petit Papillon 
Se lance vers la mort
Un poignard à la main
Douze coups de surin
Tiens, tiens, tiens la mort! 
Tiens, meurs! 
La mort
 »

Elle a vécu trop longtemps, Kendall. Beaucoup trop, assez pour savoir que l'amour n'est pas un devoir. Que la haine se répand plus vite qu'un virus. Que la peur c'est qu'une connerie. Parce qu'elle n'a pas peur, Kendall. Elle n'a pas peur de vous perdre, elle n'a pas peur de vous décevoir. Parce que de toute façon, Kendall elle est là par hasard, elle est a alors qu'elle n'aurait même pas dû l'être. Elle s'en fous, Kendall. Elle s'en fous parce que si elle s'en soucis, elle va se noyer. Se noyer dans cette eau noire qui lui tend les bras. Parce que l'amour c'est sa fin à Kendall.

« La mort est un petit papillon 
Qui trouve le temps long
Attendant le prochain wagon
Le prochain petit papillon
 » 

Kendall elle fait semblant. Semblant de rire, semblant de pleurer, semblant d'être en colère, semblant de vivre, semblant de mourir. Kendall elle est là mais elle est ailleurs. Elle vous regarde mais elle ne vous voit pas. Elle vous parle mais ne vous écoute pas. Kendall elle fuit. Elle fuit parce qu'elle a affronté trop longtemps. Parce que rien ne fonctionnait. Parce qu'elle en a marre, Kendall. Elle ne veut plus, elle ne sait plus. Kendall on dirait qu'elle a pris tous les maux du monde sur ses épaules.

On l'a détruite.
On l'a tuée.

Doucement, à petits feux. Pour ne pas qu'elle voit, pour ne pas qu'elle suffoque. Alors elle est morte lentement, Kendall. Elle est partie, et tout ce qu'il reste d'elle c'est ce paquet d'indifférence, de ''comme si''. 

Kendall c'est un petit papillon. Un petit papillon qui veut voler mais qui n'a plus d'ailes. Un petit papillon qui veut tellement partir. Un petit papillon qui n'arrive plus à rien. Un tout petit papillon.

« Petit Papillon avait le coeur trop tendre
Décide de se pendre
Mais la corde de se fendre

Elle essaie à nouveau
Se lance sous les autos
Se réveille dans les canots
Trempée jusqu'aux os

Petit petit papillon
Comme le temps est long.
 »

#3:
C'est une froide nuit d'hiver qu'elle m'a raconté son histoire, Kendall. Elle m'a dit de ne pas pleurer. Elle m'a dit que ce n'était ni triste, ni joyeux. Elle m'a dit que c'était comme une toile en noir et blanc. Elle m'a dit que c'était un peu comme le vide. Qu'il y avait plein de choses, mais tellement de choses vides de sens, vides de vie, vides de tout. Elle m'a dit qu'elle n'avait jamais raconté son histoire. Et elle m'a dit qu'elle ne la raconterait plus jamais après ça. Alors elle m'a dit de bien écouter. Elle m'a dit que son histoire ne valait pas grand chose. Et elle a souri. Et j'ai vu une petite larme couler le long de sa joue. Je n'ai pas pleuré. J'ai souri.

Kendall elle m'a dit qu'elle avait une maman. Une maman vraiment géniale, qui l'aimait et qui aimait la vie. Qui avait juré d'être toujours là pour elle. Elle m'a dit que c'était un femme qu'on ne rencontre pas souvent. Une femme avec un si grand cœur, tellement grand qu'on se demande comment il fait pour tenir dans sa cage thoracique. Une femme forte, qui souriait tout le temps. Qui ne pleurait jamais. Kendall elle m'a dit qu'elle l'aimait beaucoup, sa maman. Et qu'elle s'en voudrait toute sa vie d'être partie comme ça. D'être devenue une ombre alors qu'elle avait un soleil dans sa vie. 

Kendall elle m'a dit qu'elle avait aussi un papa. Un papa vraiment génial. Enfin, elle pense. Elle m'a dit que son papa était mort quand elle avait treize printemps. Elle m'a dit qu'il était parti sans prévenir. Qu'il était allé dormir mais qu'il ne s'était jamais relevé. Comme la belle au bois dormant. Sauf que lui c'était pas une princesse, alors il est resté endormi. Comme gelé dans le temps. Elle m'a dit que c'était le printemps. C'est joli, le printemps. La neige fond, le soleil revient, ça sent bon et on a envie de chanter. Kendall elle m'a dit qu'elle était comme ça, avant. Elle aimait bien le printemps. Mais après ça, c'était toujours gris au printemps. Il pleuvait tout le temps, au printemps. Il n'a plus jamais fait beau, au printemps.

Mais Kendall elle a continué de vivre, tu sais. Elle a sourit et s'est dit que la vie elle continue. Que c'était un peu comme un bateau; on est déjà dedans alors on reste, on ne saute pas dans l'eau comme ça. Alors elle m'a dit que les années avaient passées. Qu'elle habitait avec sa maman, qu'elle allait à l'école et qu'elle avait des amis. Elle m'a dit qu'elle allait bien. Enfin, elle pense. Elle m'a dit qu'elle ne s'est jamais demandé si elle allait bien; elle souriait, c'est tout. Elle se disait que si elle souriait, tout allait bien.

Et puis elle m'a dit qu'un jour elle avait rencontré un joli blond. Pas si mauvais garçon, mais pour le reste plutôt con. Elle m'a dit qu'elle l'aimait, ce joli blond. Beaucoup même. Mais voilà quoi, un jour il est parti comme ça. Sans vraiment rien lui dire. Pouf, disparu. Elle m'a dit qu'elle a beaucoup pleuré. Et encore plus quand elle a su qu'il était parti parce qu'il avait trouvé mieux qu'elle. Elle m'a dit que les blonds sont sans cœurs, qu'ils ne donnent pas de fleurs. Et elle m'a dit que lorsqu'ils partent, ils s'enfuient avec un petit bout de notre vie.

Mais Kendall elle m'a dit qu'elle a fini par se relever. Enfin, elle pense. Elle tenait debout, alors elle se disait que tout allait bien. Je crois qu'elle avait peur de regarder en face tout ce qu'elle avait à affronter. Elle m'a avoué qu'elle fuyait toujours. Mais la vie continuait. Elle m'a dit qu'après elle a rencontré un beau brun. Et elle m'a dit que les bruns c'était pas mieux que les blonds.

Et puis après ça, Kendall elle m'a dit qu'elle s'était laissée couler. Un petit peu. Elle était essoufflée de toujours se débattre à la surface. Alors elle m'a dit qu'elle a arrêté deux trois secondes. Elle m'a dit qu'après, elle a voulu recommencer à nager, elle a voulu remonter et sortir sa tête de l'eau. Mais elle n'y arrivait plus, qu'elle m'a dit. C'est comme si, quand tu commences à te laisser couler, l'eau prend le dessus et elle ne te laisse plus partir. Elle veut te garder. Alors elle m'a dit qu'elle a coulé, puis coulé, puis coulé.

Mais elle m'a dit qu'elle ne voulait pas que les autres voient qu'elle se noyait en dedans. Alors elle m'a dit qu'elle a commencé à faire semblant. À force de faire semblant, elle s'est presque prise les pieds dans son monde d'illusions. Mais elle m'a dit que ça été éphémère tout ça. Un matin elle m'a dit qu'on se réveille et c'est comme si une vague nous était passé par dessus la tête alors qu'on reprenait le dessus. Ça goûte salé et on s'étouffe.

Elle n'arrivait plus à rien, Kendall. Elle m'a dit qu'elle marchait la nuit parce qu'elle avait l'impression de disparaître dans la noirceur. Qu'elle avait l'impression que la nuit la prenait dans ses bras pour la consoler. Elle marchait que la nuit, Kendall. Elle m'a dit qu'elle ne savait pas trop pourquoi elle était si triste, si vide. Elle avait une vie ordinaire, après tout. Elle était tout le monde, Kendall. 

Elle m'a dit qu'un jour elle a essayé de se laisser couler pour de bon. Mais elle m'a dit que même la mort n'avait pas voulu d'elle. On l'avait repêchée comme un petit poisson. Un petit poisson qui avait les yeux tout ronds d'être encore en vie.

Elle m'a dit qu'elle était fâchée, Kendall. Fâchée de ne même pas être foutue de se noyer. Elle m'a dit que ça avait fait beaucoup de mal à sa maman, tout ça. Alors elle m'a dit qu'elle avait pris un billet d'avion. Un aller simple. Elle m'a dit qu'elle s'en foutait bien d'où elle allait; elle voulait juste partir. Partir pour voir si tous ces maux allaient la suivre. Partir pour essayer de tout recommencer. Alors elle a demandé un ticket pour le prochain vol. Elle m'a dit que c'était vers le Japon.

Alors elle est arrivée au Japon un matin de Janvier. Le soleil lui piquait les yeux et la neige lui gelait les pieds. Elle m'a dit qu'elle avait laissé une note pour sa maman avant de partir. Elle m'a dit que ça disait qu'elle ne devait pas s'inquiéter, qu'elle l'aimait beaucoup mais qu'elle ne reviendrait pas. Et elle m'a dit qu'elle s'excusait. Beaucoup.

Kendall m'a raconté qu'elle a passé quelques mois au Japon. Mais que rien n'avait changé. Elle m'a dit que ce vide l'avait suivie, que rien ne l'avait rempli. Même pas les jolis cerisiers. Elle m'a dit qu'elle n'arrivait plus à rien. Elle n'avait plus un sous, plus d'amour, plus de volonté. Alors elle m'a dit qu'un soir d'hiver, il faisait très froid. Il y avait une pleine lune et tout plein de jolis flocons qui tombaient lentement, presque au ralenti. Elle m'a dit qu'elle était sortie dehors. Sans mettre de manteau. Sans mettre ses vieux docs. 

Kendall m'a dit qu'elle a marché longtemps. Peut-être même trop longtemps. Elle regardait la nuit. Elle écoutait son silence. Elle ne savait plus. Elle m'a dit qu'elle ne sentait plus ses pieds. Elle ne sentait plus rien. Enfin. Et elle m'a dit qu'elle s'était allongée dans la neige. Qu'elle avait laissé les flocons venir chatouiller son nez. S'empiler sur son corps tout frêle, tout fatigué. Et tu sais ce qu'elle m'a dit? Qu'à ce moment là, elle était vraiment heureuse.

Et puis Kendall elle s'est endormie. Elle a fermé les yeux alors que la neige la recouvrait tranquillement. Elle s'est senti comme la belle au bois dormant, qu'elle m'a dit. Et finalement, tout est devenu noir. Enfin. C'était terminé.

Et après, elle m'a dit qu'elle s'était réveillée devant un panneau qui indiquait Miyona. Elle a secoué toute cette neige qui la recouvrait et elle est entrée dans cette étrange ville. Cette ville qui lui semblait aussi tourmentée qu'elle. Elle m'a dit qu'elle est allée vers l'hôtel. Elle a demandé une chambre. Pour l'éternité.

Et Kendall, elle m'a surtout dit que sa vie lui semblait comme un rêve lointain. Et quand elle m'a dit ça, elle souriait. Elle souriait si fort. Et j'ai vu que son sourire pleurait. Il pleurait beaucoup. Alors je lui ai souris. Et elle est partie.

Elle est partie lentement, Kendall. Et à ce moment là, je me suis dit qu'elle avait enfin retrouvé ses ailes.

Voilà si ça peut intéresser quelqu'un... et vous pouvez me donner votre avis si vous avez lu, c'est toujours intéressant. ^^
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GAYA TAMERON
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Mer 21 Oct 2015 - 15:55
Ça fait un moment que je ne suis pas venue !
Un peu prise par la vie !

Franchement j’adore toujours autant ton style merveilleux !
Et ce personnage Kendall est vraiment magnifique, et triste !
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fred22e
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Ven 22 Jan 2016 - 5:58
Ouhlà, comme toujours je n'avais pas vu ton gentil commentaire Gaya. C'est toujours aussi gentil ce que tu me dis, merci! Ça fait plaisir de voir que la petite Kendall touche des gens. =)
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Manu
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Ven 22 Jan 2016 - 16:59
Wait, mais comment j'ai pu ne pas le voir ? Je n'ai pas eu les alertes mails :'(

J'attendais la suite en plus. Même si je ne pensais plus vraiment la voir venir x) 


C'est beau, Fred Smile Touchant, sans être nian nian ou naïf. =) C'est toujours sympa de pouvoir se plonger dans différents univers comme ça =)

Le petit clin d'oeil à ton Loup est bien sympa aussi
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fred22e
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Ven 22 Jan 2016 - 19:41
Haha, ah Manu... Laughing
Merci hein, c'est gentil! Mister Green

Et v'oui, t'as vu mon petit clin d'oeil! Ça fait ma journée Laughing
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fred22e
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Jeu 3 Mar 2016 - 2:14
Yop, un p'tit texte écrit rapidement. o/

J'ai cru qu'elle était venue d'ailleurs la première fois que je l'ai vue, Léopoldine. Elle avait l'air que de n'être qu'une ombre, une infime ombre qui dansait avec la noirceur de la nuit. Comme si elle était la nuit. Même la lune ne l'éclairait pas. J'avais l'impression qu'une bulle l'entourait, qu'on ne pouvait pas la toucher. Elle avait l'air loin, tellement loin Léopoldine. Comme dans un autre monde, comme dans son propre univers. Un univers en noir et blanc, un univers dans lequel on ne voit rien. Sans début, sans fin. Aussi noir que la nuit. Ça fait un peu peur, hein? Mais tu sais, elle avait l'air tellement bien dans cette bulle noire. Comme si elle s'y était habituée. On aurait dit qu'elle avait fait la paix avec tous ces démons qui marchaient derrière elle. Comme si. Léopoldine, c'était l'experte du comme si.

À la lueur d'une lumière de chantier j'ai pu effleurer ses yeux verts tout fatigués. Si tu la regardes dans les yeux Léopoldine, t'auras l'impression qu'elle a vécu cent vies. Un peu comme s'il y avait tout plein d'âmes au fond de ses pupilles. Et puis elle m'a regardée dans les yeux alors que ses vieux docs défoncés traînaient sur le sol encore humide. Son visage tout pâle m'a souri alors que ses lèvres toutes gercées se retroussaient, me laissant voir quelques tâches de rousseurs. Ses cheveux, raides et noirs semblaient caresser ses frêles épaules avant de se perdre dans la nuit. Et puis elle rit, Léopoldine. Elle rit fort, elle rit beaucoup. Et plus je la regarde, plus j'ai l'impression de voir une poupée en train de se casser.

Tu sais, elle m'a dit qu'elle avait vécu longtemps, Léopoldine. Assez longtemps pour voir que les gens étaient plus cruels qu'ils ne le laissaient paraître, assez longtemps pour comprendre qu'on ne nous donne pas une part égale de bonheur à celle de notre malheur. Elle m'a dit qu'elle a vécu seule. Seule parce qu'avec les autres ça ne fonctionnait pas, seule parce que comme ça elle n'avait pas à recoller les morceaux quand on balançait son coeur de porcelaine contre un mur de briques rouges. Elle aimait bien la vie, Léopoldine. C'était la vie qui ne l'aimait pas.

C'était une marée tantôt haute, tantôt basse.

Une montagne russe qu'on arrive pas à arrêter.

Léopoldine, c'était un monde dans un corps frêle.

Une vie qui n'était plus.
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fred22e
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Re: Un ramassis de sentiments.

le Mar 3 Oct 2017 - 0:07
Hello, il y a un moment que je n'avais pas posté ici ..
Je viens déposer le début d'une nouvelle dans l'espoir d'avoir quelques avis sur cet extrait. Histoire de savoir si ça vaut le coup de continuer ou pas, quoi .. ^^'

La voici donc !

L'écoeurante mélasse de ses pensées s'échappait peu à peu en quelques volutes de fumées. Elles se tordaient et lui rappelaient son instinct premier. Elle ne pensait plus, elle n'était plus, elle fonctionnait. Le chanvre brûlé l'apaisait, lui donnant l'impression que tout autour d'elle brûlait, se réduisait en cendres. Elle aimait la destruction, elle aimait le noir. C’était comme ça elle oubliait que son âme n'était plus, elle oubliait qu'elle avait jadis été humainement humaine. Les liasses vertes traînaient sur une vieille table de salon alors qu'elle nettoyait doucement, presque délicatement son Colt. Une musique venue d'antan semblait planer dans la pièce, donnant à la jeune femme un air utopique, presque irréel. Il faisait noir et ses yeux brillaient d'étincelles malsaines, brillaient sachant ce qui allait se passer ce soir. C'était nuit de chasse; enfin. Elle ne serait pas la proie, elle n'était jamais la proie. C'était elle qui traquait, qui appuyait sur la gâchette, qui tranchait, qui humais l'exhalaison du sang frais qui coulait sur le ciment, qui regardait son oeuvre achevée, décapitée, ensanglantée, éclairée par la faible lueur de la lune. Et elle trouvait ça beau, tellement beau. Tout ce sang, toute cette violence, toute cette absence de vie étaient les seuls éléments qui lui apportait autre chose que de l'indifférence. Il n'y avait que lorsqu'elle prenait une vie qu'elle se sentait vivante, qu'elle sentait quelque chose. Quelque chose d'autre que ce vide incessant qui l'habitait depuis maintenant trop d'années pour qu'elle espère un jour retrouver un semblant santé mentale saine.

Et c'était ça, sa vie: se contenter d'exister jusqu'à ce qu'elle puisse décapiter une âme, jusqu'à ce qu'elle puisse sentir la peur exorbitante exploser en une hécatombe d'hémoglobine. Jusqu'à ce qu'elle puisse sentir des os se déblatérer sous ses griffes, jusqu'à ce qu'elle puisse sentir la chair se déchirer dans cette boucherie. Tout autour d'elle était écarlate, plus noir ni blanc. Enfin.

Et ce soir il faisait doux, ce soir c'était la pleine lune: ce soir, le monde serait rouge. Une fois qu'elle eût terminé d'astiquer son flingue de prédilection, elle était partie prendre une douche. Pour se délecter de ce moment de tranquillité, d'exquise impatience avant ce ravage dont elle serait l'auteure. L'eau chaude coulait le long de son corps, glissait le long de ses courbes voluptueuses pour finalement disparaître, se mêlant à une mousse écarlate qui flottait sur le parquet froid, si froid qu'il rappelait la peau de Jun. Elle sorti finalement, s'enroula une serviette autour de la taille et sécha sa longue tignasse rouge. Ses longues boucles tombaient en cascade sur ses épaules alors que sa frange cachait l'un de ses yeux qu'elle avait recouvert de lentilles. Pour ne pas qu'on la voit, pour ne pas qu'on puisse lire au fond de ses pupilles qu'elle n'existait plus. Elle teinta ses lèvres d'un rouge vif, de ce rouge qui la suivait partout comme son ombre. Elle se mit une couche de mascara, enfila une longue robe noire puis attacha l'étui de son arme autour de sa cuisse gauche pour bien le camoufler. Elle s'approcha du grand miroir de sa petite salle de bain miteuse et se regarda droit dans les yeux. Vide. Il n'y avait que ça. Du vide et de la violence. Du sang. Elle prit finalement son Colt déjà chargé sur le comptoir et l'inséra dans son étui par l'ouverture qu'il y avait sur le côté de sa robe bustier. Elle prit une bouteille de parfum qu'elle fracassa contre son reflet, écoeurée par ce que la glace lui renvoyait. Le verre se fracassa en une pluie de morceaux scintillants, éclatant ce qui se trouvait sur leur passage. Jun sorti de la pièce en claquant la porte derrière elle, regarda une dernière fois la photo des deux hommes qu'elle devait tuer et se faufila finalement dans la nuit.

Satoshi Arakawa, trente-six ans. Katsuo Ikeda, trente-deux ans. Selon la personne ayant payé Jun pour les tuer, ces deux hommes travailleraient en tandem depuis quelques années déjà. Ils auraient violé et tué des femmes célibataires qui n'avaient presque, voir aucune famille. Les forces de l'ordre n'avaient jamais pu les attraper. Mais l'une de leur victime avait survécu. La cliente de Jun. De son côté, la rousse n'en avait rien à foutre de cette histoire. Elle s'en fichait éperdument. Elle avait trouvée pitoyable cette femme qui était venue la voir en pleurant comme une gamine. Elle trouvait ces deux fumiers très intéressants, astucieux et fascinants. Si elle ne lui avait pas donné tout ce pognon, c'est cette femme que Jun aurai éventrée, pas ces deux tueurs en série. Mais voilà qu'elle marchait vers cette petite maison abandonnée, son Colt à la main, son couteau contre sa cuisse prête à chasser. C'est cette bête qui sommeille en elle qui l'avait poussée à accepter l'offre, à devenir chasseuse de prime pour se déguiser en gentille méchante. On croyait qu'elle tuait pour le bien, mais elle tuait pour son plaisir personnel, pour voir le sang couler, y goûter, s'en délecter. Ce soir, les deux bêtes qui étaient de la même espèce qu'elle devaient se trouver dans cette maison éloignée que le temps avait doucement délabrée. Et ce soir, elle avait pour intention d'égorger ces deux hommes pour peindre les murs de cette vieille maison en rouge et de couper leurs têtes pour en faire de jolies décorations.

Une fois arrivée près de la grande porte de bois, elle n'eût pas de difficulté à l'ouvrir. À sa surprise, la porte ne grinça même pas; elle entra en silence, se faufilant dans l'obscurité presque malsaine de la maisonnée en ruines. Elle avançait doucement, on aurait presque dit qu'elle flottait avec sa longue robe noire. Elle sorti son couteau de l'étui qui était enroulé autour de sa cuisse et le prit de sa main libre alors qu'elle étendait l'autre bras, brandissant son Colt devant elle, prête à tirer si quelqu'un se manifestait. L'endroit était silencieux, trop silencieux. Étaient-ils réellement ici? Sa source était-elle vraiment fiable? Une vague de rage s'empara d'elle pendant un court instant, pensant à la possibilité qu'elle avait perdu son temps en venant ici. Mais en s'avançant encore un peu plus, elle vit une silhouette devant un vieux foyer, de dos. De un. Elle s'avança sur la pointe des pieds, prenant soin de ne pas faire de bruits avec ses talons. Plus elle s'approchait, plus elle pouvait distinguer que la silhouette était bien celle d'un homme. Elle ne pouvait rien distinguer d'autre vu la noirceur dans laquelle ils étaient plongés, mais cela lui était suffisant. Dans un seul mouvement, elle se colla au dos de l'homme, passa son bras autour de son cou, laissant la lame de son couteau effleurer sa peau en le maintenant en place puis plaça son Colt sur sa tempe, prête à tirer. Mais pas tout de suite. Elle voulait savourer le moment, prendre son temps, attendre un peu avant de faire couler le sang. Elle s'en délectait.

▬ Salve bello.¹

Un sourire sinistre étirait maintenant ses lèvres pulpeuse alors qu'elle laissait son souffle effleurer la nuque de l'homme qu'elle tenait maintenant comme proie. L'étincelle malsaine était maintenant revenue au fond de ses pupilles, et, malgré ses lentilles, on arrivait à la discerner sans peine.

Alors que la rousse allait laisser la lame glisser sur la chair humide de ce putrin, elle fût complètement surprise par un poing qui s'était lourdement enfoncé dans son abdomen, la privant d'oxygène pendant quelques secondes. La force de l'impact la laissa stupéfaite, presque admirative, la forçant à lâcher prise sur sa proie. Elle repris avec peine son souffle, relevant finalement la tête pour regarder qui lui avait infligé ce coup. Et ce qu'elle vit la laissa perplexe l'instant d'un battement de coeur. Un homme grand, très grand, trop grand. Elle planta son regard de feu dans le sien mais n'arrivait pas à percevoir le fond de ses pupilles. Le masque qu'il portait cachait son visage et semblait embaumer ses yeux. Y avait-il seulement quelque chose au fond de ces yeux?

Au moment où elle réalisa qu'il se mettait en place pour lui bondir dessus, il était trop tard; elle n'eût même pas le temps de bouger qu'elle senti un énorme coup lui fendre son flanc. Le coup était cependant moins fort que le précédant, la laissant branlante mais toujours bien droite. Elle n'eût encore une fois pas la chance de riposter qu'elle senti le coude de la bête s'écraser contre sa mâchoire, lui laissant le bas du visage endoloris, insensible, comme son âme. Puis, comme un coup de grâce, le poing de l'homme s'était abattu contre son visage, la faisant cracher quelques gouttelettes de sang, desquelles elle se délecta. Une vague de colère indescriptible s'empara de la rouquine, réalisant qu'elle venait de se prendre une bonne fournée de coups et que les deux fumiers pouvaient lui échapper à tout instant à cause de ce malabar. Elle essuya le bord de ses lèvres du revers de sa main, laissant une longue lignée de sang sur sa joue, léchant ensuite ses doigts, presque en extase que quelqu'un ai réussi à faire couler son propre sang. Elle appuya finalement sur la gâchette de son Colt et une balle fendit l'air, sembla s'enfoncer dans le bras de l'homme masqué pour ensuite aller s'écraser dans le mur derrière eux. Elle n'avait pas eu le temps de bien viser, elle savait qu'il allait se ruer sur elle d'une fraction de seconde à l'autre. Et comme elle l'avait prédit, le soldat s'était lancé vers elle, la prenant au passage pour défoncer le mur de l'enceinte extérieure avec une force surhumaine. Jun en eût une seconde fois le souffle coupé, avant de sentir l'herbe mouillée contre sa cuisse. Alors qu'ils roulaient par terre sur quelques mètres, elle tendit le bras et lui asséna un coup de genoux dans l'estomac en lui arrachant son masque dans un même mouvement. Elle le lança au loin alors que l'homme se reculait, laissant ainsi un espace entre leurs deux corps. Jun planta finalement son regard dans celui qui l'avait prise par surprise, sourire amusé aux lèvres. Il n'y avait rien. C'était noir, c'était laid, c'était froid. C'était sans intérêt, c'était bestial. Elle remarqua finalement le sourire qu'arborait l'homme, un sourire qui était identique au sien. Un sourire d'amusement morbide, le sourire d'une bête sans scrupule. Pour la toute première fois, Jun avait l'impression de se tenir devant un miroir et de voir son reflet dépravé assoiffé de sang et de misère.

▬ Tu veux jouer?

Son coeur rata un battement alors qu'une vague de folie fétide montait en elle. Cette soif de sang qui la consumait explosait, la remplissait d'un espoir putride, pestilentiel. Il n'y avait plus aucune trace d'humanité dans ses yeux, plus rien sauf la bête qui grondait en elle. Dans un mouvement rapide, elle lança le couteau qu'elle tenait dans sa main gauche, le faisant tourner dans tous les sens jusqu'à aller s'enfoncer dans la cuisse du mercenaire. Un sourire méphitique étira la commissure de ses lèvres, dévoilant une expression dantesque qui montrait toutes les atrocités de ce monde.

Les deux bêtes étaient face à face, se dévisageant avec une fascination morbide. L'homme avait finalement dégainé son arme, le regard encore plus tranchant que sa lame. La lumière de la nuit semblait les envelopper, dévoilant toute la cruauté dont l'humain pouvait faire preuve. On aurait dit deux loups sous la lune, prêts à s’entre tuer comme si ce n'était qu'un jeu, comme si c'était amusant. L'un des deux fumiers brisa ce silence presque nécromant, paraissant comme une fausse note qui éclatait un milieu d'une douce mélodie envoûtante. À peine eut-il terminé de déballer une remarque misogyne et dégueulasse que Jun avait levé son pistolet, sans même regarder et lui avait fracassé le crâne d'une balle, le regard toujours dans celui de l'homme maintenant démasqué. Et de un. Elle ne savait pas où se trouvait l'autre, et cela la mettait dans une colère sans pareille. Si ce mercenaire ne s'était pas pointé, elle aurait déjà terminé le boulot et serait déjà en train de vider ces deux types comme on saigne des cochons. Elle abaissa finalement son flingue, ne quittant pas l'homme des yeux. Ne quittant pas son reflet des yeux.

Sa jambe droite s'avança doucement, et s'en suivit de sa jambe gauche. Elle avançait doucement, très doucement, si doucement qu'on aurait presque dit qu'elle ne bougeait pas. Elle flottait, son visage éclairé par la faible lumière que la lune semblait leur offrir. Elle s'approchait niaisement, futilement, mielleusement de cet homme qui la fascinait tant. Elle continua a s'avancer jusqu'à ce que la distance entre leurs deux corps soit réduite à néant, jusqu'à ce que son nez touche le sien. Son regard ne lâchait pas celui de l'homme, comme cherchant une absence de vie, une absence d'âme. Comme pour être certaine qu'il n'était rien, qu'il était aussi abimé qu'elle l'était. Sans faire de bruit, dans un court souffle elle appuya son Colt sur la hanche de la bête et laissa une balle perforer sa peau, laissant une coulée de sang descendre le long de sa cuisse, se faufilant sur celle de Jun également.

Elle se fichait bien de l'autre fumier maintenant. Elle avait trouvé bien mieux.
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Re: Un ramassis de sentiments.

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